Critique de la vaccination

De Psiram
Mépris des médecins juifs vaccinateurs dans un journal national-socialiste allemand appelé "Der Stürmer"
Traduction du titre de l'image: La vaccination
Traduction de la légende: "Je me sens bizarre - car poison et juif, ça fait rarement du bien."

La critique de la vaccination est émise soit par des personnes qui, dans certains cas, estiment les risques supérieurs aux bénéfices, soit, dans le cas des adversaires de la vaccination, c'est à dire des opposants à la vaccination comme les appelle le Pr Pierre Bégué membre de l'Académie de médecine, par des personnes qui refusent systématiquement et totalement toutes les vaccinations. Chez les personnes critiques, les non-opposants systématiques donc, sont fréquentes les hésitations, les réticences, les atermoiements, les omissions, ces attitudes semblent être le plus souvent des refus déguisés, conscients ou inconscients, et la frontière entre les deux catégories est bien mince.

Historique et diffusion

Dès l'introduction au 19ème siècle du premier vaccin contre la variole, on trouve des prises de position polémiques contre la vaccination. En France, en 2012, la couverture vaccinale est insuffisante pour la plupart des vaccins, car elle est en dessous de la cible de 95% ou, s’agissant de la grippe saisonnière, de l’objectif de 75%. C’est le constat dressé et rendu public par l’Institut de veille sanitaire (InVS) le 20 novembre 2012[1]; dans un article d'octobre 2012 dans SPS, la revue de l'AFIS, le Pr Pierre Bégué estime à au maximum 1% les opposants à la vaccination dans la population française[2]. En Allemagne, selon l'Institut Robert Koch (RKI), jusqu'à 5% de la population allemande sont des opposants à la vaccination ou des (gens) critiques à son sujet[3]. Leur argumentation s'inspire souvent des médecines alternatives et est peu fondé scientifiquement. Il faut faire la distinction entre les opposants à la vaccination et les (gens) critiques des vaccinations qui ne rejettent pas les vaccinations par principe mais défendent des points de vue spécifiques sur les moments de la vaccination et les stratégies vaccinales, ou sur l'efficacité, l'innocuité et les effets secondaires des vaccinations.

Aujourd'hui, sont publiés des rapports critiques sur les accidents post-vaccinaux (les effets adverses), ou bien sur le principe de la vaccination lui-même, pour la plupart dans des forums du même tonneau sur Internet ou dans des livres critiques à l'encontre de la vaccination. Cela a conduit à l'inquiétude de certaines personnes, surtout des jeunes parents, au refus de la vaccination. Les opinions anti-vaccinationistes sont très hétérogènes et souvent motivées par des arrière-plans religieux, de médecine alternative (homéopathie, anthroposophie, etc) ou ésotériques. La crainte des accidents post-vaccinaux, la méfiance à l'encontre des institutions gouvernementales, à l'encontre de l'industrie pharmaceutique, et aussi à l'encontre de la médecine scientifique, l'ignorance et l'incertitude contribuent à de tels points de vue.

La critique de la vaccination est également courante dans certains milieux croyant aux théories du complot, pour ceux-ci le programme de vaccination recommandé par les institutions de l'Etat (en Allemagne le STIKO, le Comité permanent de la vaccination) est considéré comme une intrusion du gouvernement fédéral dans la vie privée. Cependant, en Allemagne, il n'y a pas de vaccinations obligatoires. En France, ils s'en prennent pour la même raison directement aux ministres de la santé[4], le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) n'ayant été créé qu'en 2007. Certaines théories du complot vont même jusqu'à insinuer que l'Etat, au moyen de la vaccination, veut rendre les vaccinés sans la moindre volonté ou leur faire sciemment du mal.

Les critiques

Les critiques des adversaires de la vaccination varient d'un pays à l'autre. En France, par exemple, les adversaires de la vaccination associent la sclérose en plaques à la vaccination contre l'hépatite B, au Royaume-Uni est populaire la croyance en un lien entre le vaccin ROR (rougeole, oreillons et rubéole) et l'autisme (voir Andrew Wakefield ), les adversaires de la vaccinations italiens discutent volontiers au sujet d'un prétendu lien entre les vaccins et le syndrome de la mort subite du nourrisson. Aux États-Unis, sont fréquents chez les adversaires de la vaccination des thèmes comme le thiomersal[5], les vétérans de la guerre du Golfe et le squalène.

Aujourd'hui, Internet joue un rôle important dans la visibilité des adversaires de la vaccination. Les points de vue de divers illuminés, d'activistes du Net et des (personnes) sceptiques envers les vaccinations s'y expriment "haut et fort", généralement plus fort que les voix de la science. Quand on surfe sur Internet pendant une heure (ou dix), écrit le journaliste scientifique américain Michael Specter[6] dans son livre «Negationnism», on pourrait avoir l'impression que de nos jours personne ne s'occupe de la sécurité des vaccins.

Selon une analyse de Werner Zenz du Département de pédiatrie et de médecine pour jeunes de Graz, l'argumentation des adversaires de la vaccination se ramène à des variantes des trois chapitres suivants, qui sont souvent combinés d'une manière quelconque [7] [8].

Preuve d'efficacité soi-disant manquante

Une fillette de 10 ans ayant besoin de soins constants après une encéphalite due à la rougeole
Dianne Odell: des dizaines d'années dans un poumon d'acier après une poliomyélite
Des poumons d'acier dans un hôpital de Los Angelès (vers 1953) Source Wikimedia Commons [1]

Les adversaires de la vaccination soutiennent qu'il manquerait une preuve de l'efficacité des vaccinations qui résisterait à des critères scientifiques. Il est critiqué là, entre autres choses, (l'absence de) la preuve d'efficacité au moyen du taux (titrage) des anticorps et le manque d'études à long terme comparant la morbidité des vaccinés et des non vaccinés. Cependant, on ne peut pas faire des essais en double aveugle contrôlés contre placebo pour des raisons éthiques, puisque le groupe de contrôle non vacciné serait exposé sans protection contre les agents d'infection et ainsi à un risque incalculable. C'est pourquoi, pour de nombreuses vaccinations, on doit avoir recours à un "marqueur de substitution", le taux (titrage) d'anticorps. Cela s'est souvent révélé fiable pour l'évaluation de l'immunisation résultante.[9].

De nombreuses recherches fiables et des essais cliniques, ceux aussi, entre autres, qui sont nécessaires pour l'autorisation de mise sur le marché des vaccins, prouvent l'effet direct de la vaccination sur les maladies infectieuses; ceci est également prouvé par des données épidémiologiques utilisées.[10]. L'incidence des maladies infectieuses s'enfondre généralement peu de temps après l'introduction des vaccinations. Par exemple, avant l'introduction de la vaccination contre la rougeole aux USA en 1963, sur une estimation de 2 à 4 millions de cas annuels, environ 500.000 cas annuels de rougeole avec 500 décès ont été répertoriés/notifiés. Quelques années après l'introduction, un déclin de la maladie de 98% a été enregistré.[11][12]. En outre, il a été démontré par de nombreuses études sur les animaux que le principe de l'immunisation fonctionne. Grâce à l'utilisation réussie des vaccins anti-rabiques, la France est considérée depuis le 19 février 2010 comme "un pays indemne de la rage" selon les critères de l'Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE), statut qu'elle avait perdu en février 2010 à cause du cas d'un chien importé qui s'était révélé enragé[13].

Il y a effectivement des indications indéniables pour la "protection de groupe" au moyen de la vaccination. De façon analogue, la vaccination du personnel dans les maisons de retraite et les maisons médicalisées contre la grippe peut faire baisser considérablement le taux de mortalité des résidents dans les années avec de fortes vagues de grippe[14].

Selon le médecin allemand Gerhard Buchwald, à qui beaucoup d'opposants à la vaccination se réfèrent, les vaccinations sont inefficaces et le déclin des maladies infectieuses au cours du siècle dernier était dû exclusivement à l'amélioration de l'hygiène et du niveau de vie. Pour d'autres, qui nient que les virus et les bactéries soient la cause des maladies, les vaccinations seraient, pour cette raison, inefficaces par leur principe même; en conséquence, ils vénèrent l'obscur (Antoine Béchamp) et fustigent Pasteur. D'éminents représentants de cette thèse absurde sont Stefan Lanka et Hamer.

Les effets adverses de la vaccination et les risques

Illustration propagandiste typique dûe à David Dees, adversaire de la vaccination

Les opposants à la vaccination argumentent qu'il y aurait des maladies et des séquelles qui peuvent être considérées comme des effets adverses (des effets secondaires) de la vaccination. Les conséquences mentionnées en tant que séquelles de la vaccination allant des allergies, de l'asthme ou de l'autisme jusqu'à la criminalité, le VIH, la trisomie 21 et le syndrome de mort subite du nourrisson[15].

On fait valoir que les études en vue de l'autorisation (de mise en oeuvre) des vaccins, en raison de leur taille limitée, ne pourraient détecter qu'une fraction de ces effets adverses graves, et c'est ainsi que les effets adverses qui se produisent moins d'une fois sur 500, ne seraient pas découverts. En conséquence, est mis en doute le rapport entre le bénéfice attendu et réel de la vaccination et les risques potentiels.

Tout comme d'autres médicaments, les vaccins doivent passer par un processus d'autorisation complexe avant leur mise en œuvre. Pour cette autorisation, diverses études doivent être présentées par le fabricant qui en démontrent l'efficacité et la tolérabilité. Pour l'autorisation du vaccin contre le rotavirus, par exemple, cette étude, avec plus de 70.000 participants à l'étude, était d'une taille qui permet aussi une évaluation des rares effets adverses de la vaccination. Après la mise en oeuvre d'un vaccin, l'autorisation du vaccin est reconsidérée tous les cinq ans en tenant compte des dernières données, telles que des études de suivi indépendantes d'hôpitaux universitaires et autres intitutions de recherche ou de déclarations d'effets secondaires aux autorités de la santé.

Les effets indésirables des médicaments sont suivi très attentivement dans la plupart des pays industrialisés, soit par la déclaration individuelle spontanée des effets (obligatoire en France), soit à l’aide d’enquêtes ciblées (exemple : purpura thrombopénique et vaccination triple rougeole rubéole oreillons). Aux Etats-Unis un système très élaboré de surveillance et de pharmacovigilance (VAERS, Vaccine Adverse Event Reporting System) fonctionne depuis de nombreuses années et fait l’objet de rapports très réguliers publiés sur le site du CDC américain (Centers for Disease Control and Prevention). En France la pharmacovigilance est rattachée à l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) sur le plan national, les centres régionaux (CRPV) faisant remonter toutes les informations. Selon la législation, "« Tout médecin, chirurgien-dentiste ou sage-femme ayant constaté un effet indésirable grave ou inattendu susceptible d’être du à un médicament ou produit mentionné à l’article R. 5144-1 du code de la santé publique, qu’il l’ait ou non prescrit, doit en faire la déclaration immédiate au centre régional de pharmacovigilance (CRPV) dont il dépend ». De plus, depuis 2011, les associations de malades et les malades eux-mêmes sont conviés à déclarer tout effet indésirable[16]. On peut donc répondre aux critiques qu’il existe un suivi des effets indésirables des vaccins. Cependant, il n'y a pas d'étude globale, mais seulement des suivis pour chaque vaccin particulier, voir par exemple les risques connus de la vaccination contre la grippe saisonnière[17].

En Allemagne, en 2004, furent signalés au Paul-Ehrlich-Institut 1237 cas suspects de possibles complications vaccinales (l'année suivante 1393). Parmi ceux-ci, 414 (517) ont été classifiés comme des cas avec des effets indésirables supérieurs à une réaction vaccinale habituelle, 30 (34) comme des cas avec dégats permanents et 35 (23) comme des cas de décès. Cependant, après évaluation des données, on a pû conclure qu'il y avait dans 6% (8%) seulement des cas une relation «vraisemblable/probable» entre la vaccination et les complications, et un lien "certain" dans 0,% (0,6%) des cas. Dans les 65 (53) cas graves (décès et dégats permanents), il n'a pas été possible d'établir une relation de causalité entre la vaccination et la complication. Environ 30-50 millions de doses sont administrées chaque année en Allemagne. Au total, selon RKI, il y a 2,6 cas suspects pour 100.000 doses de vaccin mises en circulation en Allemagne (0,0026%). De fait, le taux constaté de complications de la vaccination va donc à l'encontre des arguments avancés par les personnes critiquant la vaccination. Des complications peuvent donc être attribués à une plus grande disposition des parents ayant un préjugé à ce sujet à beaucoup plus remarquer des plaintes postérieures et à les imputer à la vaccination.

Suite au processus décrit, il y a toujours eu des vaccins à qui on reprochait des aspects partiels qui ont été retirés du marché. Par exemple, en 2012, le vaccins hexavalent Hexavac[18] en raison de doutes quant à l'efficacité à long terme de la composante hépatite B. En même temps, par ailleurs beaucoup d'études démentaient les déclarations sur les effets possibles de la vaccination (par exemple les allergies, l'asthme, l'autisme, etc.)[19] [20] [21] Des comparaisons épidémiologiques amènent ici des informations intéressantes, par exemple, les allergies ont augmenté de manière significative dans la population de l'ex-DDR, où la vaccination était obligatoire, après la «réunification» , - coïncidant donc avec une baisse des vaccinations effectuées. De tels résultats récents sont toutefois souvent ignorés par les opposants à la vaccination.

Adjuvants - renforts de l'efficacité non-spécifiques

Des adjuvants sont souvent nécessaires pour potentialiser la réaction immunitaire induite par les vaccins. En effet, de nombreux vaccins inactivés ou sous-unitaires ne contiennent plus les signaux de danger qui permet au système immunitaire de mettre en œuvre les mécanismes de défense appropriés. Pour cela il faut « ajouter » au vaccin un adjuvant pour obtenir une réponse immune plus forte, et surtout plus efficace. Ils permettent aussi d'inoculer de plus petites quantités d'antigène. Parmi les nombreux adjuvants testés, les plus anciens, longtemps seuls utilisés, sont les sels d’aluminium, hydroxyde ou phosphate d’aluminium. Ces sels sont en effet utilisés depuis 1926, et leur tolérance est excellente après des centaines de millions de vaccinations dans le monde ![22].

Le squalène contenu dans le MF59 et le AS23 et utilisé dans le vaccin contre la "grippe porcine" Pandemrix a été faussement accusé par le médecin allemand Jürgen Seefeldt de déclencher des maladies auto-immunes et le syndrome de la guerre du Golfe[23]. Jean-Jacques Crèvecœur à propos du squalène porte la même accusation[24].

Conservateurs dans les vaccins

On utilise depuis les années 1930 le thiomérosal (thiomersal en anglais)[25] comme agent conservateur dans les vaccins. En 1998, une étude scientifique d'Andrew Wakefield suggérait que l'injection du vaccin ciblant la rougeole, les oreillons et la rubéole (le vaccin R.O.R) puisse être à l'origine du développement d'un syndrome autistique chez huit enfants[26]. En 1999, les Centers for Disease Control et l’American Academy of Pediatrics (AAP), suivant le principe de précaution, ont demandé le retrait du thiomérosal des vaccins américains et européens. Depuis lors, le thiomersal dans les vaccins pour enfants a été présenté par certaines associations comme la cause de cas d’autisme et plusieurs milliers de parents aux États-Unis ont engagé des procédures judiciaires. La recherche scientifique n’a pas trouvé de preuves convaincantes que le thiomérosal était à l’origine de cas d’autisme. Le thiomérosal a été réintroduit dans les vaccins multidoses contre la grippe A(H1N1) pandémique de 2009, ce qui a donné un argument supplémentaire de contestation à l'égard de la campagne de vaccinations massives[27].

Responsabilité pour les effets indésirables des vaccins

Dans les cercles des opposants à la vaccination, il est fréquemment dit que les vaccinés n'auraient pas droit à des dommages-intérêts pour les effets secondaires suite à une vaccination parce que personne n'en assumerait la responsabilité. Pourtant, l’indemnisation des victimes d'effets secondaires de vaccinations obligatoires était jusqu'au 1er janvier 2006 assurée par le Ministère de la Santé. Cette indemnisation est dorénavant de la responsabilité de l’ONIAM[28].

La neutralité des données

Les personnes critiques envers la vaccination mettent en avant que les entreprises pharmaceutiques sont régies par le seul profit financier et donc postulent un conflit d'intérêts entre un état objectif des faits et leurs intérêts financiers. Ce conflit d'intérêts aurait une influence décisive sur les recommandations des entreprises pharmaceutiques et peut même conduire celles-ci à omettre ou supprimer des informations importantes sur les dangers éventuels et l’efficacité des vaccins. Les diverses autorités sanitaires et organismes d'autorisation de mise sur le marché (par exemple, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM), l'Institut Robert Koch en Allemagne, les Centers for Disease Control and Prevention des Etats-Unis, etc) et les chercheurs dans ce domaine seraient influencés par cet intérêt financier des entreprises pharmaceutiques, si bien que seules seraient offertes des informations manquant de neutralité.

Pour l'autorisation initiale de mise sur le marché(AMM[29] des vaccins, doivent être soumises des études lesquelles doivent en démontrer l'efficacité et la tolérabilité, et être financées par le requérant. Ces études sont cependant réalisées en rêgle générale dans divers hôpitaux. Dans le cadre du renouvellement de l'AMM qui a lieu 5 ans après l'autorisation initiale, ont lieu aussi en outre des études qui sont financées par des fonds publics - par conséquent sans lien financier direct. Même si le point de vue subjectif des individus ne peut pas toujours être évité, la quantité des études sur les effets secondaires possibles, provenant de pays des plus divers, va à l'encontre de données (de provenance) unilatérale. Le supposé manque de neutralité des autorités sanitaires, y compris de l'OMS, lui aussi, ne peut pas être formellement prouvé. Va aussi à l'encontre, le fait que les autorités sanitaires de régimes d'orientations politiques des plus diverses (par exemple les pays de l'ancien bloc de l'Est) en arrivent pour l'essentiel aux mêmes recommandations.

Les intérêts économiques

Les opposants à la vaccination supposent que l'industrie pharmaceutique poursuit principalement ses intérêts économiques. De l'autre côté, de nombreux partisans de la vaccination supposent qu'il y a aussi des (personnes) critiques envers la vaccination qui, avec leurs critiques, poursuivent un intérêt économique. Par exemple, un cabinet d'avocats qui défendait les intérêts opposants à la vaccination vaccination, a payé plusieurs millions de livres anglaises pour obtenir des scientifiques des preuves d'effets secondaires[30] [31]. On réalise aussi des bénéfices (financiers) grâce à des livres anti-vaccination, des séminaires et conseils contre la vaccination, ainsi que par des traitements paramédicaux pour "l'élimination" des soi-disant effets secondaires de la vaccination ou des maladies, ce qui explique qu'il n'y ait pas à attendre de débat neutre et objectif sur ce thème de ce côté là. Comme les heilpraktiker ne sont pas autorisés à vacciner, et que certains partisans médicaux des méthodes médicales alternatives ne veulent pas vacciner, tirer des profits (financiers) de la vaccination n'est possible que par l'emploi du procédé basé sur l'effet Nocebo comme "l'élimination". En outre, des recettes supplémentaires sont générées par le traitement de maladies d'origine naturelle, recettes qui ne seraient pas possibles en cas à prévention au moyen de la vaccination. A l'inverse, en ce qui concerne le côté lucratif, la réduction grâce à la vaccination des cas de maladie, en particulier celles chroniques et nécessitant des soins intensifs, n'est d'aucun bénéfice pour l'industrie pharmaceutique.

Le syndrome de Guillain-Barré en tant qu'effet secondaire indésirable

Le syndrome de Guillain-Barré (également appelé Miller-Fisher-Syndrom, en abrégé SGB) est une maladie neurologique rare et grave qui peut s'avérer fatale dans environ 5% des cas et laisser des séquelles motrices dans environ 10% des cas. C'est une maladie auto-immune inflammatoire des racines nerveuses de la moelle épinière (polyradiculitis) et des nerfs périphériques avec des phénomènes de paralysie qui commence généralement par les membres inférieurs puis remontre vers le haut du corps, pouvant atteindre parfois les muscles respiratoires (paralysie respiratoire) et les nerfs crâniens.

L’incidence (nouveaux cas par an pour 100.000 personnes) est estimée entre 0,4 à 4, selon d'autres données de 1 à 2. Elle est en France d’environ 2,8 cas pour 100.000 habitants par an. On estime qu’en France 1 700 patients sont hospitalisés chaque année pour un Syndrome de Guillain-Barré. Dans deux tiers des cas la survenue du Syndrome de Guillain-Barré est précédée dans les trois semaines à un mois d’un épisode infectieux aigu viral ou bactérien (en particulier infections des voies respiratoires ou digestives). Une étude française a, par exemple, chiffré à 4 à 7 cas pour 100 000 individus, l’incidence du syndrome chez les personnes ayant eut une grippe confirmée par la sérologie. Le syndrome de Guillain-Barré peut également survenir durant la grossesse. Les cas familiaux (plusieurs personnes atteintes au sein d’une même famille) sont exceptionnels. On ne connait pas de cas de rechute jusqu'à aujourd'hui. La plupart des patients (environ 85%) peuvent être complètement guéris. Toutefois, cela peut prendre des mois ou plus.

L’association du vaccin de la grippe A et du syndrome de Guillain Barré (SGB) a été évoquée en 1976 après la vaccination de plus de 40 millions d’américains contre le virus de la grippe porcine. Cela a conduit à la fin prématurée d'une campagne de vaccination contre la soi-disant grippe porcine d'alors (swine flu) aux USA en 1976. En effet, 517 vaccinés ont été atteints du SGB sur au total environ 40 millions d'américains qui avaient déjà reçu le vaccin à ce moment-là. On suppose en général que le vaccin (qui comportait une virus entier et était sans adjuvant, en fait en tout quatre divers vaccins sans adjuvant) qui avait été utilisé à l'époque (et qui n'est plus commercialisé aujourd'hui) a été associé pour une raison inconnue à un risque accru de SGB chez les adultes. Le risque supplémentaire avait été à l'époque estimé d'après les données du CDC à un cas additionnel de SGB par 100.000 personnes par an. Cependant, les expertises postérieures n’ont pas établi de relation, et il apparut que le nombre des cas de SGB chez les vaccinés (517) correspondait à ce à quoi il fallait s'attendre sans vaccination (513).

Sur une population de 10 millions de personnes, en l'espace de six semaines, - même sans les campagnes de vaccination -, il faut s'attendre à 21,5 cas de syndromes de Guillain-Barré (SGB) spontanés, et 5,75 cas de morts subites, selon le rapport américain épidémiologistes du 31 octobre 2009[32] Si donc 50 millions de doses de vaccin contre la grippe porcine sont inoculés en France, il faut s'attendre à environ 100 cas de SGB et 30 cas de mort en corrélation temporelle avec les vaccinations. Mais ces événements se produiraient aussi sans qu'aucune vaccination ne soit faite.

Le risque après une vaccination grippale est cependant estimé être 20 à 50 fois inférieur au risque après une infection grippale selon wikipedia.

Arguments idéologiques: anthroposophie et rougeole

Certaines personnes critiques envers la vaccination, de la mouvance anthroposophique, soutiennent que de passer par les maladies infantiles renforcerait les défenses, stimulerait le développement de l'enfant et d'autres choses semblables. Une mauvaise santé, d'autre part, reflète souvent l'aboutissement d'une des "destinée karmique". Si quelqu'un vient au monde porteur d'impuretés spirituelles à cause des pêchés et des erreurs commises lors de ses vies antérieures, la maladie peut servir de rite de passage, en purgeant le mal du système corporel/spirituel. Ainsi, l'intervention médicale n'est souvent pas une bonne idée : un docteur qui guérirait un patient par des médicaments, etc, pourrait bloquer le processus d'auto-guérison "karmique" du patient. [...] Nous comprenons donc pourquoi, parmi les meilleurs esprits de notre époque, il existe une espèce d'aversion contre la vaccination. [En vaccinant, n]ous accomplissons simplement quelque chose que la personne devrait produire elle-même en contrepartie dans une réincarnation prochaine. Si nous détruisons la prédisposition à la variole, nous nous concentrons seulement sur le côté externe de l'activité karmique[33].

Il n'y a aucune preuve d'un impact positif d'une infection de la rougeole. Au contraire, l'enfant malade s'affaiblit au cours la maladie qui dure plusieurs semaines, si bien qu'il est donc plus sujet à des complications. En outre, dans de rares cas, elle peut être mortelle. La rougeole peut entraîner des complications sévères : otite moyenne, pneumonie, encéphalite post-infectieuse et panencéphalite subaiguë sclérosante (PESS), laquelle est un effet secondaire tardif qui se produit dans 1 cas sur 10 000 plusieurs années après la fin de la rougeole (entre 4 et 14 ans) sur des sujets non vaccinés[34] [35]. Ici le témoignage du père d'un enfant atteint de PESS[36]. De plus, les personnes immunodéprimées ne sont protégées que si le taux de vaccination de la population est assez élevé, parce que la maladie peut facilement prendre chez eux un cours sévère inhabituel.

Depuis 2008, des épidémies de rougeole se répandent dans toute l'Europe à partir des écoles Waldorf (anthoposophie) en Suisse[37], en Angleterre[38], en Autriche[39], en Allemagne[40] [41], etc.

Les opposants à la vaccination et l'Internet

Propagande contre les vaccins chez un théoricien du complot[42]

Sur Internet, les opposants à la vaccination, aussi appelés anti-vaccinationalistes, anti-vaccins, en anglais anti-vaxxers, (dont la plupart sont des profanes dans le domaine de la médecine), avec leur propagande et argumentations critiques ou d'opposition totale envers la vaccination sont représentés de façon disproportionnée. En particulier, sont diffusées des théories du complot et des rumeurs peu ou pas vérifiables sur les risques de la vaccination. Ainsi, on pouvait lire sur de nombreux sites web qu'en Inde, en l'espace d'une journée, quatre jeunes filles seraient mortes après avoir reçu la vaccination contre le VPH (Virus Papillome Humain). Toutefois, ont tait que deux des jeunes filles ont eté tuées dans des accidents de la circulation, une autre est morte d'une morsure de serpent et la quatrième est tombée dans un puits et est morte des blessures dues à la chute.

Techniques des militants anti-vaccinationistes

  • dénigrer la science, la médecine (suspicions de conflit d'intérêt, de dissimulation et de fraude)
  • dresser la liste des ingrédients potentiellement toxiques (en dénigrant/niant les études de sécurité réalisées)
  • prôner la liberté vaccinale (refus des obligations vaccinales)
  • mettre l'accent sur l'impossibilité d'assurer la fiabilité à 100 % des vaccins en terme d'efficacité ou d'effets secondaires (les vaccins étant des médicaments, ils ont des effets secondaires ou leurs efficacité ne peut pas être 100 % dans la population)
  • mettre en avant l'aspect contre-nature de la vaccination, qui n'hésite pas à mettre en danger les enfants en leur injectant des germes: notion de « soupe purulente »
  • nier la contribution des vaccins aux progrès en matière de santé des dernières décennies et les attribuer à d'autres facteurs (en général progrès en matière d'hygiène et meilleure nutrition)
  • pratiquer l'amalgame en citant des cas antérieurs d'erreur scientifique (scandale du sang contaminé, des hormones de croissance) sans rapport avec la vaccination
  • invoquer Bigpharma (industrie pharmaceutique décrite comme toute puissante en matière de santé grâce à l'argent, en référence à Bigbrother)
  • détourner les résultats d'études scientifiques sur la vaccination
  • rejeter la possibilité que les effets secondaires se produisent après la vaccination par coïncidence fortuite
  • se présenter comme les meilleurs des experts du fait de l'expérience acquise sur ses propres enfants; expérience acquise qui permet de conseiller les autres en matière de vaccination
  • présenter les maladies infantiles comme bénignes et affirmer qu'il est plus sûr et plus naturel de les contracter que de se faire vacciner (nier les complications des maladies infantiles)
  • nier l'utilité des vaccins en matière de politique de santé publique (passer sous silence le phénomène d'immunité grégaire ou présenter le fait d'imposer un risque de complication à des individus pour améliorer la santé globale d'un groupe comme une injustice)
  • faire témoigner les patients ou parents d'enfants touchés par une maladie grave après une vaccination (en invoquant le sophisme post hoc propter hoc)
  • abuser d'images humoristiques/caricatures en lien avec la vaccination

Analyse critique d'un discours antivaccination

Une vidéo fait l'analyse critique d'un discours antivaccination particulièrement partagé dans les réseaux sociaux et très représentatif de l'argumentaire habituel, il s'agit de la vidéo intitulée Réponse à une maman Antivax - Tronche de Fake #2 mise en ligne le 11 juin 2017 [43]. L'analyse complète version écrite est consultable ici [44].

Article de Psiram dans d'autres langues

Liens externes

Blogs

Vidéos

  • http://www.youtube.com/watch?v=uORDvWwbE_E (Publiée le 7 déc. 2012) La légitimité de la parole scientifique dans la guerre de l'information - Par le Prof. André Aurengo, spécialiste des pathologies thyroïdiennes, professeur de Biophysique à la Faculté de médecine Pierre et Marie Curie (Paris 6), chef du Service de Médecine nucléaire du Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière depuis 1989, membre de l’Académie nationale de médecine depuis février 2005 et du Haut Conseil de la Santé Publique depuis février 2007.
  • http://www.ted.com/talks/michael_specter_the_danger_of_science_denial.html Michael Specter : les dangers du rejet de la science. Filmed Feb 2010 (en anglais mais sous-titré en français) Analyse par un journaliste américain renommé du refus de la vaccination par rejet de la science et de la raison
  • http://www.youtube.com/watch?v=qQ8ArTWIoHE Vidéo émise par un québécois royaliste. Exemple complet de la désinformation faite par les anti-vaccinationistes radicaux, tous les arguments anti-vaccins, les théories complotistes, accusations de génocide perpétré par les autorités, l'OMS etc. y passent; sont évoqués, entre autres, Hamer et Ghislaine Lanctôt

Références

  1. http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/sante-publique-taux-vaccinations-2012.html
  2. http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2037
  3. http://www.rki.de/DE/Content/Infekt/Impfen/Bedeutung/Impfgegner_Impfskeptiker.pdf?__blob=publicationFile (allemand)
  4. http://fonzibrain.wordpress.com/2009/12/18/hihihihih-la-criminelle-roselyne-bachelot-est-assignee-au-tribunal-de-grande-instance-de-paris-en-voila-une-bonne-nouvelle/ Shoah planétaire Face à la l'extermination programmée, qu'allons nous faire? Ce n'est pas un complot, c'est une question de logique. Madame Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé, a reçu vendredi dernier une assignation à comparaître en référé devant le Tribunal de Grande Instance de Paris ...
  5. http://ansm.sante.fr/S-informer/Presse-Communiques-Points-presse/THIOMERSAL
  6. http://www.ted.com/talks/michael_specter_the_danger_of_science_denial.html Une vidéo sous-titrée en français
  7. http://www.apotheker.or.at/internet/oeak/NewsPresse_1_0_0a.nsf/e02b9cd11265691ec1256a7d005209ee/ab1bfa5ed90f31afc1256e5a0032679d/$FILE/Vortrag%20Prof.%20Zenz.pdf
  8. http://www.docs4you.at/Content.Node/Vorsorgemedizin/Impfungen/Argumente_von_Impfgegnern_Prof_Zenz.pdf
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