Thérapie de Gerson

De Psiram
Max Gerson

La Thérapie de Gerson est essentiellement un régime alimentaire conçu par Max Gerson, qui, tout d'abord, était censé pouvoir guérir la tuberculose mais qui a ensuite été étendu à d'autres maladies comme le cancer.

Méthode

Selon les recommandations nutritionnelles de Gerson, l'alimentation devrait être sans gras, sans sel et végétarienne. Son régime alimentaire aiderait le foie dans sa fonction de détoxication.

Aliments non autorisés : les avocats, les baies, les boissons non préparées par soi-même, les cornichons, les noix, les champignons, l'ananas, le poivre, et le soja. Gerson interdit expressément le café et le thé, mais d'autre part recommande les lavements additionnés de café. Sont recommandés les jus fraichement pressés de fruits et de légumes. Gerson recommande en plus une dose journalière de 56 mg d'iode (en solution de Lugol), des extraits thyroïdiens secs et l'administration de vitamine B12. La nourriture végétale devait provenir de l'agriculture biologique. Les interdictions concernent en outre le fluor dans le dentifrice et les bains de bouche, les colorations des cheveux (et les permanentes), les ustensiles de cuisson à pression de vapeur (nos cocottes-minute), les extracteurs de jus, les centrifugeuses ou mixers.

En plus, quatre lavements différents (y compris le lavement au café) et une prise journalière de 2-3 verres de sérum de foie de veau frais élimineraient du corps les substances toxiques. D'autres caractéristiques de son régime alimentaire sont la pauvreté en sel de cuisine, la restriction massive de graisses, la réduction temporaire des protéines et l'administration de potassium, d'iode et de vitamine C.

Lorsqu'on étudie de plus près les consignes alimentaires de Gerson, on voit qu'il s'agit, avec sa méthode, d'un régime alimentaire de perte de poids initialement strict, au moyen duquel lequel le patient maigrit parce qu'il n'absorbe pas de graisses et de protéines. Cette manière de procéder ressemble à une forme modéré du régime zéro-calorie qu'on utilise dans le jeûne thérapeutique. Les pertes de liquides sont compensées par un apport hydrique abondant et la perte d'électrolyte est contrecarrée par l'administration de potassium, mais la perte de sodium est délibérément acceptée.

Champs d'utilisation

Gerson a conçu son régime alimentaire au début pour traiter la tuberculose sévissant de son vivant. Par la suite, le régime alimentaire a été étendu à de nombreuses autres indications : migraine, cancer, Fibromyalgie, arthrite et diabète sucré. Actuellement le régime Gerson est proposé principalement en tant que soi-disant régime alimentaire pour le cancer.

Efficacité

Déjà dans les années 1920 et au début des années 1930, Gerson a fait l'objet de critiques au sujet de sa diète alimentaire de la part du corps médical.

L'administration de mega-doses de vitamine C, comme les prône Gerson, est complètement sans effet chez les patients cancereux à un stade avancé. Ainsi, Creagan et al. ont donné, dans un essai randomisé, en double-aveugle, contre placebo, à 123 patients cancéreux qui souffraient de diverses sortes de tumeurs (dont le cancer colorectal, du pancréas, du poumon et le carcinome gastrique) par voie orale 10 grammes de vitamine C par jour répartis en 4 doses unitaires et cela jusqu'à ce que les patients soient décédés de leur maladie cancéreuse. Lors de l'analyse des périodes de survie, il s'est avéré que les durées de survie des 60 patients traités avec de la vitamine C ne différaient en aucune manière de celles des 63 patients atteints de tumeurs traités par placebo. Creagan et al. se sont donc prononcés contre l'administration de méga-doses de vitamine C à des patients cancéreux.[1]

Gerson-Strauss affirmait que le régime alimentaire de Gerson pouvait, en lui-même, produire des rémissions chez jusqu'à 50% des cas de patients cancéreux en phase terminale, et Norman Fritz, vice-président du Gerson-Institut, voulait même avoir atteint un taux de rémission de 70-80% chez les patients atteints de mélanome métastatique ou de cancer du poumon. Même pour les tumeurs cérébrales, le taux de rémission aurait été 30%.[2]

Ces affirmations, qui ont été émises au début des années 1980, semblaient surprenantes parce que le National Cancer Institute (NCI) a pu contrôler, en 1947, les cas traités par Max Gerson. Le County Medical Society Committee de New York a interrogé 10 patients qui avaient effectué le régime alimentaire de Gerson et n'a trouvé aucune preuve de l'efficacité, proclamée par Max Gerson, de la thérapie. Le NCI a même examiné les compte-rendus des 50 cas consignés dans le petit livre de Gerson "A Cancer Therapy: Results of Fifty Cases" ("Une thérapie du Cancer : Résultats à propos de Cinquante Cas"). Le NCI a conclu que la totalité des données de Gerson qui y figuraient étaient de si mauvaise qualité qu'elles ne pouvaient pas apporter la preuve de l'efficacité du régime alimentaire de Gerson et d'un quelconque bénéfice de celui-ci.[2]. Cela n'a pas empêché ni Gerson ni ses successeurs de continuer à utiliser ce petit livre comme preuve de l'efficacité du régime alimentaire de Gerson. Sur la page d'accueil du Gerson-Institut, qui est maintenant situé en Californie, en est proposé actuellement la 6ème édition pour 19,90 $.

Diverses sociétés spécialisées en oncologie, notamment la Krebsliga (la Ligue contre le cancer) suisse, et la Deutsche Krebsgesellschaft (DKG) (la société allemande de lutte contre le cancer) mettent en garde depuis de nombreuses années contre le régime alimentaire de Gerson. Le bien-être subjectif, que peut sans doute produire la thérapie de Gerson sur un certain nombre de patients, est basé principalement sur la morphine endogène qui est libérée lors de la sévère restriction alimentaire comme c'est le cas avec d'autres cures de jeûnes. Un "bon moral" (une phase euphorique) peut même durer quelques semaines après l'arrêt du traitement. Que ce soient les dernières réserves du corps que l'on consomme, aucun patient cancéreux à ce stade de la maladie ne peut l'admettre. Le danger de ces régimes alimentaires anti-cancer mettant fortement à contribution le corps est que le patient se persuade lui-même plus ou moins d'une guérison, et qu'ainsi, il ne voit plus pendant un certain temps la réalité de son état de santé.

Mme Gerson-Strauss affirmait, par exemple, que le médecin autrichien Peter Lechner obtenait des succès remarquables avec la diète Gerson chez 70 patients bien que ces patients soient déjà au-delà de toutes les possibilités thérapeutiques. Quand le rapport de Lechner a été vérifié, s'y trouvait seulement 29 compte-rendus de cas qui tous avaient été traités de façon classique, et le rapport publié à titre privé de Lechner n'offrait vraiment aucun indice que le régime alimentaire de Gerson ait ne serait-ce qu'un début de réussite.[2]

Jusqu'à présent, il n'y a pas une seule étude de la Gerson-Klinik et du Gerson-Institute, dans laquelle ait été faite une étude de longue durée crédible des patients traités, et ceci malgré le fait que le régime alimentaire existe depuis les années 1940. Norman Fritz, le directeur du Gerson-Institute, justifiait cela déjà en 1986 par le fait que les suivis (Follow-ups) seraient trop chers et que le rendement de travail nécessaire à cela ne pourrait déjà pas être fourni. Certes, un représentant du Gerson-Institute (G. Hildenbrand) avait annoncé, en 1987, dans une Newsletter de la clinique une étude de 10 ans sur 4000 patients[2], mais, entre-temps, 18 ans ont passés depuis le terme annoncé de l'étude et, jusqu'à présent, il n'y a aucune publication au sujet d'une telle volumineuse étude dans la presse spécialisée médicale.

L'étude-Gerson

Dans une étude publiée par la Gerson Research Organization, San Diego (Kalifornien/USA), il est fait état des taux de survie à 5 ans des patients atteints de cancers de la peau qui, en plus du régime alimentaire, avaient reçu, entre autre, également des lavements au café. Ci-dessous les taux de mortalité, 5 ans après le diagnostic, de l'étude-Gerson par rapport aux taux de survie d'une collectivité de 4.000 personnes.[3]

  • Étude-Gerson: Au stade IA (Clark II; épaisseur de tumeur selon Breslow jusqu'à 0,75 mm) après 5 ans, sur 4 patients, aucun n'était décédé (= taux de mortalité de 0%)

Littérature spécialisée: Le taux de survie à 10 ans de tels mélanomes est en rêgle générale de 90-95%.

  • Étude-Gerson : Au grade IB (Clark III; épaisseur de tumeur selon Breslow 0,75-1,5 mm) après 5 ans, sur 7 patients, aucun n'était décédé (= taux de mortalité de 0%).

Littérature spécialisée : Le taux de survie à 10 ans de tels mélanomes atteint en rêgle générale également jusqu'à 95%.

  • Étude-Gerson : Au stade II (Clark IV; épaisseur de tumeur selon Breslow de 1,5 à 4 mm) après 5 ans, sur 3 patients, aucun n'était décédé (taux de mortalité de 0%).

Littérature spécialisée : Le taux de survie à 10 ans de tels mélanomes va en rêgle générale, en fonction de fonction de l'épaisseur de la tumeur, de 60% (de 2,5 à 4,0 mm) à 80% (de 1,50 à 2,49 mm)..

  • Étude-Gerson : Au stade IIIA (Clark V; épaisseur de tumeur selon Breslow plus de 4 mm, éventuellement gagnant déjà les ganglions lymphatiques environnants et présence de métastases) après 5 ans, sur 20 patients, 3 étaient décédés (taux de mortalité de 20%).

Littérature spécialisée : Le taux de survie à 10 ans de tels mélanomes est en rêgle générale de 30-40%.

  • Étude-Gerson : Au stade IIIB (grosse tumeur locale avec atteinte des ganglions lymphatiques et, pour partie, de grosses métastases distantes) après 5 ans, sur 15 patients, 7 étaient décédés (taux de mortalité de 46,6%).

Littérature spécialisée : Les taux de survie à 5 et 10 ans s'élèvent à ce stade à 45% ou à 13%.

  • Étude-Gerson : Au stade IVA/B (grosse tumeur locale avec atteinte des ganglions lymphatiques et de grosses métastases étendues) après 5 ans, sur 104 patients (18 au stade IVA - 11 d'entre-eux étaient décédés; 86 au stade IVB, tous étaient décédés) 97 étaient décédés (taux de mortalité de 93,2%).

Littérature spécialisée : Le taux de survie à 5 ans chez les patients au stade IVB est de 2%.

Dans l'étude, il n'est pas fait de rapport sur un groupe de patients non traités par Gerson qui aurait pû faire fonction de groupe de contrôle. Les auteurs ont seulement cherché des taux de survie tirés d'études comparatives et en sont arrivés à la conviction que leurs succès de traitement - mesurés sur la base du taux de survie - étaient meilleurs que ceux des méthodes conventionnelles de traitement.

Ce jugement est cependant sujet à caution étant donné que n'est pas abordé nulle part dans l'étude la manière dont les patients ont en réalité été traités. Il n'est pas mentionné si les patients ont reçu un traitement oncologique conventionnel, il n'est pas donné d'information non plus sur la façon dont on s'était du diagnostic de la tumeur. Étant donné que les auteurs du rapport font état de 14 patients qu'ils excluent de l'évaluation après le début de l'étude (trois d'entre eux, parce que, en ce qui concerne la maladie, il ne s'agisaait pas d'un mélanome malin!), il est difficile de savoir si le diagnostic avait vraiment été fait professionnellement.

Les auteurs ont comparé les taux de survie obtenus par eux avec d'autres tirés de la litérature spécialisée, mais ils se sont toujours limités aux résultats d'enquêtes au moins aussi petites - pour partie, le nombre des patients étudiés de la litérature spécialisée était nettement inférieur à ceux de l'étude-Gerson. Vu que les analyses de taux de survie sont d'autant moins précises que la collectivité prise en considération est petite et aussi que la répartition des patients dans les divers grades de tumeurs est mal équilibrée, il est fort probable que les taux apparemment légèrement meilleurs de survie des partisans de Gerson, ne se présenteraient pas de la sorte dans une plus grande étude. Cela parce qu'il y a dans l'étude-Gerson seulement un unique (!) groupe de tumeur qui est suffisament pourvu en nombres de cas pour faire une évaluation tendancielle des taux de survie - à savoir, sur la base de 86 patients au grade IVB. Le fait que chez des patients aussi gravement malades le taux de survie à 5 ans ait dégringolé à 0% n'est pas étonnant. Sous traitement conventionnel c'est également le cas à l'heure actuelle.

L'étude-Gerson est une source difficilement exploitable étant donné que les taux de suvie des patients atteints de mélanome dépendent de divers facteurs: La découverte aussi précoce que possible de la tumeur, un faible diamêtre de celle-ci qui doit, à la fois, être aussi peu épaisse que possible et ne doit pas avoir pénétré dans les couches profondes de la peau. Alors seulement les taux de survie à 5 et à 10 ans sont bons. Étant donné que déjà de petite différences dans la taille de la tumeur au moment du diagnostic ont un impact significatif sur le pronostic du patient, il faut, justement dans de telles études, veiller strictement à faire un dossier précis, examen histologique et détermination de la taille de la tumeur. Se restreindre - comme les auteurs de l'étude-Gerson - dans l'analyse des durées de survie à des nombre de cas de 4 (stade IA), de 7 (stade IB) ou de 18 (stade IVA), pose donc question parce que ces nombres de patients sont beaucoup trop faibles pour une analyse statistique des durées de survie. Certes, les taux de survie en apparence meilleurs des patients traités selon Gerson peuvent impressionner le lecteur non versé en matière de cancérologie, cependant c'est cette conclusion par analogie sur la base d'un groupe d'étude beaucoup trop petit qui, en outre, était très inégalement réparti.

Effets secondaires

Au cours de la période allant de 1980-1986, 13 patients qui avaient subit un traitement Gerson ont été hospitalisés dans divers hôpitaux de San Diego. Ils présentaient une infection bactérienne massive (septicémie) avec l'agent pathogène Campylobacter fetus qui était due au fait que les thérapeutes Gerson avaient fait des injections dans le foie des patients avec des solutions non stériles. Les 13 patients était tous à l'admission des cancéreux. Un patient est décédé dans la semaine suivant l'admission de son cancer. Cinq autres patients ont été admis dans un état comateux, qui pourrait être attribué, entre autres, à un déficit massif de sodium. Dans d'autres compte-rendus de cas, il est fait état d'infections massives et de décès dus à des déséquilibres électrolytiques (balance sodium et potassium) qui s'étaient produits chez des patients qui avaient reçu des lavements au café Gersoniens.[4]

Commercialisation

Le Gerson Institue dispose d'une présence sur Internet, à savoir les adresses www.gerson.com et www.gerson.org. L'argumentation standard reproduite sur ses pages est en premier lieu basée sur deux facteurs: le dénigrement des méthodes de traitement conventionnelles, et la surélévation avec un manque de sens critique de la "figure du père" Max Gerson. Ceci est renforcé par un journal interne (Healing Online). La présentation est complétée par de soi-disant témoignages de personnes guéries dont les histoires de maladies sont si succicintement décrites qu'il n'y a cependant rien en à retirer d'important en ce qui concerne l'appréciation de l'efficacité.

Liens externes

  • http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/gersontherapy.html La thérapie de Gerson est le nom donné à un ensemble de règles hygiène-diététiques présumé guérir le cancer même à un stade avancé. Elle comporte des prescriptions alimentaires, des lavements au café et différents suppléments. Elle tire son nom de Max Gerson (1881-1959), un médecin allemand émigré aux États-Unis en 1936 ayant exercé la médecine à New-York.

    En 1977, la fille de Gerson, Charlotte, a participé à la création de l'Institut Gerson, qui administre la Clinique Baja Nutri Care à Tijuana au Mexique. On lit sur la page d'accueil du site de la clinique un étrange message pour un tel site incitant à l'optimisme : BNC se réserve le droit de refuser ses services à qui que ce soit, à tout moment et sans justification. Aux États-Unis, il est toujours illégal pour une clinique de proposer la thérapie de Gerson dans le traitement du cancer. Charlotte n'est pas docteur en médecine, mais a reçu une formation sur le terrain dans la clinique paternelle. Elle forme des médecins à la thérapie de Gerson, donne de nombreuses conférences sur les bienfaits de la thérapie et sur les forces du mal qui tentent de la faire disparaître, et a écrit quantité de brochures consacrées aux témoignages de différentes personnes qui se disent guéries de leur cancer. C'est l'un des deux auteurs du livre sur la méthode Gerson ; son fils Howard Straus s'est associé à son action. Diplômé en physique, Howard a écrit une biographie de son grand-père intitulé Dr Max Gerson : Guérir les cas désespérés. La mère et son fils sont convaincus que la femme d'Howard a été guérie d'un cancer par la thérapie de Gerson.

    Gerson a déclaré qu'il avait commencé à développer ses règles hygiéno-diététiques après la disparition de ses migraines alors qu'il suivait un régime végétarien sans sel. Le régime a fini par comprendre beaucoup de jus de fruits et légumes cultivés biologiquement, et par exclure le café, les baies, les noix, les produits laitiers, l'eau du robinet ; les plats préparés, les conserves et les produits en bouteille ; et la cuisson dans des récipients en aluminium. Des suppléments y ont été associés comme de l'huile de lin, des gélules d'acidophilus-pepsine, du sirop de potassium, du Laetrile, des doses de solution de Lugol (solution iodée), des extraits thyroïdiens, de la vitamine B3, des enzymes pancréatiques, des gélules de gelée royale, de l'huile de ricin, des lavements à l'ozone, des vaccins, de la vitamine B12 mélangée à des extraits de foie. Les injections d'extraits de foie ont été supprimées de la méthode quand ont été démontrées les pathologies qu'elles provoquaient.

    [...] Ce qui existe, toutefois, ce sont de nombreux récits de personnes qui pensent que leur cancer, ou quelque autre maladie, a été guérie par la méthode de Gerson. Il y a beaucoup d'usagers satisfaits. Ceux qui sont morts, comme la journaliste de la télévision de Sacramento Pat Davis, ne sont plus là pour témoigner. Cela n'importe guère à ceux qui recherchent un remède à tout prix. Un autre exemple est le comédien Pat Paulsen qui est allé rechercher la guérison de son cancer dans une clinique à Tijuana. Quand il est mort à la clinique, sa fille n'a pas critiqué le traitement. Pat Paulsen a connu quelques jours de rémission au cours de ses traitements « alternatifs », ce à quoi l'on pouvait s'attendre en raison de la fluctuation naturelle des symptômes. Sa fille prétendit que le traitement était efficace, mais avait échoué pour son père parce qu'ils y avaient recouru trop tard. Quand a été fait le diagnostic de son cancer du côlon et du cerveau, sa femme Norma aurait dit, d'après les journaux, que le médecin de Tijuana « est confiant dans les chances de guérison. Ici, les médecins disent qu'on ne peut le guérir. Nous préférons de beaucoup l'avis du premier. » Un communiqué de presse officiel relatant sa mort affirma qu'il était mort d'une pneumonie et non du cancer. Un porte-parole de la famille aurait déclaré : « L'évolution de son cancer était maîtrisée après le traitement alternatif suivi à Mexico. Il est décédé mardi à 14 heures des suites d'une pneumonie et d'une insuffisance rénale, complications survenues après une intervention sans rapport avec son cancer. » Sa femme ne pensait pas que la thérapie alternative avait été vaine. Elle déclara « Nous voulons remercier l'équipe médicale de Mexico qui a soigné mon mari avec humanité et considération, et dont les membres ont été présents 24 heures sur 24 pour tenter de lui sauver la vie. » On ajoutera seulement qu'ils ne l'ont pas fait gratuitement ou par simple bonté d'âme.

    [...] Une étude publié en 1995 par des partisans de Gerson, « Pourcentage de survie à cinq ans de patients atteints de mélanome traités par le régime alimentaire inspiré de Gerson : étude rétrospective, » [...] Une analyse de l'étude parue sur le site du Centre anticancéreux Sloan-Kettering relève :

    Une grave lacune dans cette étude est le manque de contrôle des divers traitements supplémentaires observés par les patients, et l'absence de précision quant à tous les traitements traditionnels reçus antérieurement ou simultanément. Du fait que cette étude ne comprend que 61 % des patients soignés à la clinique, il reste possible qu'elle ne donne pas une représentation globale des résultats de la thérapie. Les auteurs affirment que l'examen antérieur le plus favorable de la thérapie de Gerson par le NCI était insuffisant en ne se concentrant que sur la régression tumorale, qui n'est pas suffisamment documentée par la plupart des cliniques de médecine alternative. Bien que ces données contestables soient intéressantes, cette étude illustre la nécessité de la tenue de dossiers plus complets dans les cliniques de médecine alternative. Si les partisans de ces thérapies souhaitent qu'elles soient évaluées scientifiquement et reconnues comme des traitements adjuvants valables, ils doivent fournir des dossiers détaillés (pas seulement des pourcentages de survie) et mener des études prospectives contrôlées aux fins de preuves. [...]


  • http://www.sceptiques.qc.ca/quackwatch/therdoutcancer.html (section la méthode Gerson) :
    Les adeptes de la diète Gerson maintiennent que le cancer peut être guéri seulement si les toxines sont éliminées de l'organisme. Ils recommandent la "détoxification" avec des lavements fréquents avec le café, et une diète basse en sodium qui inclut plus d'un gallon par jour de jus faits de fruits, légumes, et foie de veau cru. Cette méthode à été développée par Max Gerson, un médecin né en Allemagne qui a émigré aux Etats-Unis en 1936 et qui a pratiqué à New York jusqu'à sa mort en 1959.La thérapie de Gerson est encore disponible à l'Hôpital Meridien à Tijuana, au Mexique et, depuis février 1997, au Gerson Healing Center à Sedona, en Arizona.

    La thérapie est activement encouragée par sa fille, Charlotte Gerson, par des conférences, des apparitions à des programmes d'entrevues, et par des publications du Gerson Institute à Bonita, en Californie. Les protocoles Gerson ont inclus les injections d'extraits de foie, des lavements à l'ozone, la "thérapie de cellules hépatiques," des comprimés de thyroïde, des capsules de gelée royale, de l'huile de lin, des lavements avec de l`huile de castor, des applications de glaise, du laetrile, et des vaccins faits de virus d'influenza et de staphylocoque doré.

    En 1947, le NCL a revu 10 cas choisis par le docteur Gerson et a trouvé son rapport peu convainquant. La même année, un comité nommé par la New York County Medical Society a revu les dossiers de 86 patients, ont examiné 10 patients, et ont trouvé aucune évidence que la méthode Gerson avait un valeur quelconque comme traitement du cancer. Une analyse du NCI du livre du Dr. Gerson A Cancer Therapy: Results of Fifty Cases, a conclut en 1959 que la majorité des cas ne répondaient pas aux critères (comme une vérification histologique du cancer) pour une évaluation appropriée d'un cas de cancer [5]. Une revue récente du raisonnement du traitement Gerson a conclu: (a) les "poisons" dont Gerson maintenait être présents dans les aliments traités n'ont jamais été identifiés, (b) les lavements fréquents avec le café n'ont jamais été démontrés comme efficaces dans l'élimination de poisons du foie et des intestins des cancéreux, (c) il n'y a pas d'évidence qu'un réaction inflammatoire "guérissante" existe qui peut déceler et tuer les cellules cancéreuses [6].

    Entre 1980 et 1986 au moins 13 patients traités avec la thérapie de Gerson ont été admis dans des hôpitaux de San Diego avec septicémie causée par le Campylobacter fetus, attribuable aux injections de foie[7]. Aucun des patients était libéré de son cancer, et un est décédé de son cancer dans une semaine. Cinq était comateux dû à un taux de sodium bas, probablement résultant de la diète sans sodium de Gerson. Par la suite, le personnel de Gerson a modifié la technique de manipulation des produits hépatiques et biologiques. Toutefois, l'approche Gerson demeure potentiellement dangereuse. Des décès ont aussi été attribués aux lavements avec café administrés à la clinique de Tijuana.

    Charlotte Gerson maintient que le traitement à la clinique a produit des taux élevés de guérison pour plusieurs cancers. En 1986, toutefois, des investigateurs ont appris que les patients n'étaient pas suivis après leur congé[8]. Malgré que le personnel de la clinique ont dit qu'ils étaient pour suivre les patients de façon systématique, il n'y a pas d'évidence publiée qu'ils l'ont fait. Un naturopathe qui a visité la clinique Gerson en 1983 a réussi à retracer 21 patients sur une période de cinq ans (ou jusqu'à leur décès) par des lettres annuelles ou appels téléphoniques. A la 5e année, seulement un était vivant (mais toujours avec son cancer); les autres avaient succombé à leur cancer[9].

Article de Psiram dans d'autres langues

Références

  1. Creagan ET, Moertel CG, O'Fallon JR, Schutt AJ, O'Connell J, Rubin J, Frytak S: Failure of high-dose vitamin C (ascorbic acid) therapy to benefit with advanced cancer. N Engl J Med, 301, 687-690, 1979
  2. 2,0, 2,1, 2,2 et 2,3 Anonymous: Questionable Methods of cancer management: "Nutritional" therapies. CA Cancer J Clin, 43, 309-319, 1993
  3. DeVita VT, Hellman S, Rosenberg SA: The Principles of Oncology. Lippincott-Raven Publ., Philadelphia, USA, 5. Ed., S.1957-1958, 1997
  4. Istre GR, Kreis K, Hopkins RS: An outbreak of amebiasis spread by colonic irrigation at a chiropractic clinic. N Engl J Med, 307, 339-342, 1982
  5. American Cancer Society. Unproven methods of cancer management: Gerson method. CA -- A Cancer Journal for Clinicians 40:252-256, 1990.
  6. Green S. A critique of the rationale for cancer treatment with coffee enemas and diet. JAMA 268:3224-3227, 1992.
  7. Ginsberg MM and others. Campylobacter sepsis associated with "nutritional therapy" -- California. MMWR 30:294-295, 1981.
  8. Lowell J. The Gerson Clinic. Nutrition Forum 3:9-12, 1986.
  9. Austin S, Dale EB, DeKadt S. Long-term follow-up of cancer patients using Contreras, Hoxsey and Gerson therapies. Journal of Naturopathic Medicine 5(1):74-76, 1994.