| − | * Kerywan, mort de faim. Comment, au nom de croyances antimédicales, des parents ont laissé mourir leur fils de 16 mois et demi. Procès à Quimper<br>Le 12 novembre 2000, à 21 h 32, Pascale et Ronan Boucher appellent le centre de secours de Moëlan-sur-Mer (Finistère). Leur fils, Kerywan, 16 mois et demi, souffre de grosses difficultés respiratoires. L'enfant décède une heure plus tard. Il a le poids d'un bébé de 4 mois.<br>L'autopsie révèle que la mort est due à une "infection aiguë secondaire à une malnutrition chronique particulièrement sévère". Incarcérés pendant huit mois, les parents sont mis en examen pour "privation de soins ou d'aliments suivie de mort d'un mineur par ascendant", et les trois médecins [[homéopathie|homéopathes]] qu'ils avaient consultés pour "non-assistance à personne en péril". Tous les cinq comparaissent devant la cour d'assises de Quimper du 30 mai au 3 juin. Aucun n'a accepté de répondre à L'Express.<br>Le 12 novembre 2000, à 21 h 32, Pascale et Ronan Boucher appellent le centre de secours de Moëlan-sur-Mer (Finistère). Leur fils, Kerywan, 16 mois et demi, souffre de grosses difficultés respiratoires. L'enfant décède une heure plus tard. Il a le poids d'un bébé de 4 mois. L'autopsie révèle que la mort est due à une "infection aiguë secondaire à une malnutrition chronique particulièrement sévère". Incarcérés pendant huit mois, les parents sont mis en examen pour "privation de soins ou d'aliments suivie de mort d'un mineur par ascendant", et les trois médecins homéopathes qu'ils avaient consultés pour "non-assistance à personne en péril". Tous les cinq comparaissent devant la cour d'assises de Quimper du 30 mai au 3 juin. Aucun n'a accepté de répondre à L'Express.<br>Une "pata-médecine charlatanesque"<br>Cet événement ne serait qu'un sordide fait divers si l'instruction judiciaire du juge Richard Foltzer n'avait mis en évidence le rôle d' "une idéologie aux implications médicales", la '''kinésiologie''', dont les époux Boucher étaient des apprentis gourous locaux. Les kinésiologues soutiennent que des tests et des exercices musculaires résolvent une multitude de problèmes de santé. Une "pata-médecine charlatanesque" dénoncée, dès 1998, par le psychiatre Jean-Marie Abgrall et, aujourd'hui encore, par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.[...]<br>Le procès de Quimper décryptera en tout cas une sorte d'autisme sectaire familial. Issus de milieux cultivés, Pascale et Ronan Boucher, 47 et 45 ans, ont suivi des études scientifiques, l'une en licence de physique-chimie, l'autre dans une école d'ingénieurs électroniciens. Malgré ce bagage, ils ont développé une méfiance hostile à l'égard de la médecine classique et tous deux sont devenus kinésiologues. Ils ont même affiné leur pratique en empruntant des théories à un célèbre gourou allemand, [[Ryke Geerd Hamer]], condamné en France à trois ans de prison ferme après la mort d'une patiente. Ronan Boucher s'est en outre spécialisé dans les troubles psychologiques des juments provoqués par des saillies violentes! Quant à leur école de kinésiologie, elle propose même, en 2000, une formation de trois jours à la nutrition.<br>Alors que la courbe de poids de Kerywan est dramatiquement plate, les Boucher consultent trois médecins, seulement des [[homéopathie|homéopathes]] - dont une retraitée, par fax. Pendant ses sept derniers mois, l'enfant n'est ausculté que deux fois. Pour leur défense, les parents plaident que c'était aux trois médecins de prescrire des examens ou une hospitalisation. Mais les trois praticiens étaient persuadés, disent-ils, que Kerywan était suivi par d'autres médecins, ce que laissaient entendre les époux Boucher. Le 12 août 2000, le Dr Jean-Michel Rosenstein voit arriver un "enfant du Sahel" et il croit que les parents ne viennent chercher que des soins palliatifs. Après coup, il assure au juge d'instruction avoir été "embobiné". Le procès d'assises de Quimper devrait montrer en quoi des croyances antimédicales associées aux fautes professionnelles de médecins peuvent produire un cocktail criminel.<ref>http://www.lexpress.fr/actualite/societe/kerywan-mort-de-faim_485759.html par François Koch, publié le 30/05/2005</ref>
| + | Article "Kerywan, mort de faim" par François Koch, publié le 30/05/2005 dans l'Express :<br>Le 12 novembre 2000, à 21 h 32, Pascale et Ronan Boucher appellent le centre de secours de Moëlan-sur-Mer (Finistère). Leur fils, Kerywan, 16 mois et demi, souffre de grosses difficultés respiratoires. L'enfant décède une heure plus tard. Il a le poids d'un bébé de 4 mois. L'autopsie révèle que la mort est due à une "infection aiguë secondaire à une malnutrition chronique particulièrement sévère". Incarcérés pendant huit mois, les parents sont mis en examen pour "privation de soins ou d'aliments suivie de mort d'un mineur par ascendant", et les trois médecins [[homéopathie|homéopathes]] qu'ils avaient consultés pour "non-assistance à personne en péril". Tous les cinq comparaissent devant la cour d'assises de Quimper du 30 mai au 3 juin [2005]. Aucun n'a accepté de répondre à L'Express.<br>Une "pata-médecine charlatanesque"<br>Cet événement ne serait qu'un sordide fait divers si l'instruction judiciaire du juge Richard Foltzer n'avait mis en évidence le rôle d' "une idéologie aux implications médicales", la '''kinésiologie''', dont les époux Boucher étaient des apprentis gourous locaux. Les kinésiologues soutiennent que des tests et des exercices musculaires résolvent une multitude de problèmes de santé. Une "pata-médecine charlatanesque" dénoncée, dès 1998, par le psychiatre Jean-Marie Abgrall et, aujourd'hui encore, par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. «Je démontrerai la dangerosité de la kinésiologie», annonce Me Jean-Michel Pesenti, avocat de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu [UNADFI], partie civile.<br>Le procès de Quimper décryptera en tout cas une sorte d'autisme sectaire familial. Issus de milieux cultivés, Pascale et Ronan Boucher, 47 et 45 ans, ont suivi des études scientifiques, l'une en licence de physique-chimie, l'autre dans une école d'ingénieurs électroniciens. Malgré ce bagage, ils ont développé une méfiance hostile à l'égard de la médecine classique et tous deux sont devenus kinésiologues. Ils ont même affiné leur pratique en empruntant des théories à un célèbre gourou allemand, [[Ryke Geerd Hamer]], condamné en France à trois ans de prison ferme après la mort d'une patiente. Ronan Boucher s'est en outre spécialisé dans les troubles psychologiques des juments provoqués par des saillies violentes! Quant à leur école de kinésiologie, elle propose même, en 2000, une formation de trois jours à la nutrition.<br>Alors que la courbe de poids de Kerywan est dramatiquement plate, les Boucher consultent trois médecins, seulement des [[homéopathie|homéopathes]] - dont une retraitée, par fax. Pendant ses sept derniers mois, l'enfant n'est ausculté que deux fois. Pour leur défense, les parents plaident que c'était aux trois médecins de prescrire des examens ou une hospitalisation. Mais les trois praticiens étaient persuadés, disent-ils, que Kerywan était suivi par d'autres médecins, ce que laissaient entendre les époux Boucher. Le 12 août 2000, le Dr Jean-Michel Rosenstein voit arriver un "enfant du Sahel" et il croit que les parents ne viennent chercher que des soins palliatifs. Après coup, il assure au juge d'instruction avoir été "embobiné". Le procès d'assises de Quimper devrait montrer en quoi des croyances antimédicales associées aux fautes professionnelles de médecins peuvent produire un cocktail criminel.<ref>http://www.lexpress.fr/actualite/societe/kerywan-mort-de-faim_485759.html par François Koch, publié le 30/05/2005</ref> |
| | + | * https://www.derives-sectes.gouv.fr/publications-de-la-miviludes/rapports-annuels/rapport-annuel-dactivit%C3%A9-2016-2017 Dans le domaine de la santé, focus sur deux méthodes particulièrement inquiétantes : [[reiki]] et kinésiologie<br>La France a connu au cours des dix dernières années, à l’instar d’autres pays européens, une déferlante de techniques et de méthodes de soins qui sous couvert de bien-être ont envahi le champ de la santé.<br>Comme le rappelle le ministère de la Santé sur son site Internet, « dans la très grande majorité des cas, ces pratiques de soins non conventionnelles (PSNC) n’ont pas fait l’objet d’études scientifiques ou cliniques montrant leurs modalités d’action, leurs effets, leur efficacité, ainsi que leur non dangerosité. Lorsqu’elles sont utilisées pour traiter des maladies graves ou en urgence à la place des traitements conventionnels reconnus, elles peuvent donc faire perdre des chances d’amélioration ou de guérison aux personnes malades. »<br>Aujourd’hui force est de constater, grâce aux témoignages reçus par la Miviludes et ses associations partenaires engagées dans la lutte contre les dérives sectaires, que deux techniques connaissent un développement sans précédent en France, alors qu’elles sont porteuses de risques et non éprouvées. Il s’agit du [[reiki]] et de la kinésiologie. Il convient ici de rappeler que le champ des pratiques curatives représente une majeure partie de l’activité de la Miviludes et du secteur associatif (ADFI, CAFES, GEMPPI, CCMM).<br>Les victimes sont souvent confrontées à des fragilités psychologiques dues à des difficultés en lien avec leur vie personnelle ou professionnelle. Elles se mettent en quête de bien-être ou de guérison et trouvent en face d’elles des offres pléthoriques : des milliers de thérapeutes auto-proclamés, des stages d’initiation à ces méthodes, des formations, etc.[...]<br>La kinésiologie<br>Fondée dans les années 1960 par un chiropracteur américain, la kinésiologie est une méthode de thérapie holistique inspirée par la médecine chinoise.Cette technique psycho corporelle recourt à un test musculaire de communication au plan physique et émotionnel. Proposée à tous les âges de la vie et à tous les publics elle permettrait d’optimiser le capital de « ressources personnelles » avec l’accompagnement d’un thérapeute, et de parvenir à l’auto-guérison des difficultés existentielles et des maladies.<br>Mouvance née dans le sillage du [[New Age]], ses adeptes et sympathisants prônent de manière plus ou moins radicale la rupture avec des habitudes de vie jugées néfastes, au profit de choix naturels et authentiques comme l’alimentation biologique, les médecines douces, les thérapies non médicamenteuses ou encore l’écologie. Il existe de nombreuses déclinaisons de cette méthode.<br>La radicalisation de certains adeptes de cette mouvance a conduit à des dérives de caractère sectaire dans laquelle la dimension hygiéniste portée au rang de dogme a constitué un facteur déterminant. Une affaire jugée en juin 2005 par la Cour d’assises de Quimper, illustre ce constat. Des parents, au nom de conceptions idéologiques inhérentes à la pratique de la kinésiologie avaient adopté pour eux-mêmes et leurs enfants le régime végétalien dans leur quête d’une alimentation purifiée. Cette alimentation carencée en protéines animales et en vitamines et leur extrême défiance à l’égard d’un monde médical jugé a priori dangereux allaient causer la mort de leur bébé allaité depuis sa naissance, en état de malnutrition majeure, ancienne et chronique, de l’avis de l’expert médical auprès du tribunal.<br>La kinésiologie a fait l’objet d’un avis sévère du Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Il en ressort que « la kinésiologie est une méthode de soin non conventionnelle et que son utilisation constitue une dérive thérapeutique. » <br>De son côté l’INSERM qui a évalué cette méthode conclut que « ni la kinésiologie appliquée professionnelle, ni la kinésiologie énergétique n’ont fait à ce jour la preuve de leur efficacité ».<br>L’absence de reconnaissance par l’État des formations et des diplômes délivrés aussi bien pour le [[reiki]] que pour la kinésiologie peut induire un amateurisme de la part de certains pseudo-thérapeutes. D’autant que n’importe qui peut se déclarer « kinésiologue » ou « maître [[reiki]] » et enseigner ces techniques. |
| | * http://www.senat.fr/rap/r12-480-2/r12-480-255.html Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger Audition de Thierry Waymel, président de la Fédération française de kinésiologie spécialisée et de Bernard Ophoven, président du Syndicat Francophone des Kinésiologues Spécialisés. On y apprend, entre autre, que la Fédération française de kinésiologie spécialisée (FFKS) a signé un partenariat avec [[REFORMED]]. Il y est question de Jean-Claude Guyard fondateur de l'[[EKMA]], École de Kinésiologie et Méthodes Associées<ref>http://www.kinesiologie.fr/kinesiologie-paris.php Site de l'[[EKMA]]</ref>. | | * http://www.senat.fr/rap/r12-480-2/r12-480-255.html Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger Audition de Thierry Waymel, président de la Fédération française de kinésiologie spécialisée et de Bernard Ophoven, président du Syndicat Francophone des Kinésiologues Spécialisés. On y apprend, entre autre, que la Fédération française de kinésiologie spécialisée (FFKS) a signé un partenariat avec [[REFORMED]]. Il y est question de Jean-Claude Guyard fondateur de l'[[EKMA]], École de Kinésiologie et Méthodes Associées<ref>http://www.kinesiologie.fr/kinesiologie-paris.php Site de l'[[EKMA]]</ref>. |