Gilles-Éric Séralini

De Psiram
Aller à la navigation Aller à la recherche
Gilles-Éric Séralini (Image: capture d'écran d'une vidéo publicitaire de l'entreprise Sevene Pharma[1]

Gilles-Éric Séralini (né le 23 août 1960) est un biologiste critique du génie génétique. Séralini est Professeur à l'Université de Caen. Il s'est aussi manifesté en tant qu'auteur de livre. Avec l'ancienne ministre de l'environnement Corinne Lepage (née en 1951) et le botaniste Jean-Marie Pelt (né en 1933), Séralini a fondé en 1999 le Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique (CRII-GEN) qui doit permettre leurs propres recherches sur l'impact des d'organismes génétiquement modifiés (OGM). Le président de la Fondation CRII-GEN est l'homéopathe et acupuncteur Joël Spiroux de Vendomois[2] qui a des liens avec l'entreprise pharmaceutique Sevene Pharma.

D'après des informations publiées dans la presse, Séralini est lié à la secte Invitation à la vie (IVI). IVI en 1995 et en 1999, a été classée par une commission d'enquête parlementaire comme « secte guérisseuse pseudo-catholique ». La secte est étroitement liée à l'entreprise pharmaceutique Sevene Pharma, qui fabrique des produits homéopathiques et des préparations de plantes "détoxifiantes". IVI[3] et Sevene Pharma[4] ont la même adresse à Boulogne-Billancourt. Le directeur de Sevene Pharma, Daniel Chauvin, est aussi le « président de l'association IVI ». Séralini, qui a travaillé pour Sevene Pharma en tant que consultant,[5] conteste tout lien avec IVI et a porté plainte contre plusieurs journalistes français.[6]

Courte biographie

Séralini est né le 23 août 1960 à Bône en Algérie, alors colonie française. Il a étudié à Nice et a passé son doctorat en 1987 à l'Université de Montpellier II. Depuis 1991, Séralini est professeur ordinaire et chercheur à l'Institut de biologie fondamentale et appliquée (IBFA) de l'université de Caen et co-directeur du pôle Risques de l'université de Caen (pôle associé au CNRS). Il est président du Conseil scientifique du Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique (CRII-GEN) dont il est lui-même un des co-fondateurs, et dont Corinne Lepage, autre co-fondatrice, est la présidente d'honneur.

Les activités de recherche

Séralini s'était, déjà en 1996/1997, prononcé en faveur d'un moratoire européen contre la commercialisation des organismes génétiquement modifiés (appel lancé par le botaniste Jean-Marie Pelt, actuel Secrétaire Général de CRIIGEN). De 1998 à 2007, il faisait partie de deux commissions du gouvernement français (Commission du Génie Biomoléculaire et Comité de Biovigilance), qui étudiaient l'impact de l'introduction d'organismes génétiquement modifiés.

En 2007 et 2009, Séralini a publié deux études qui ont été partiellement financées par Greenpeace. Il s'agissait de la réévaluation des données d'une étude d'alimentation sur des rats qui avait été recueillies dans le cadre du processus pour l'autorisation de commercialisation pour du maïs transgénique de Monsanto. Dans les remerciements, on voit ceci : « This work que supported by Greenpeace Germany who, dans June en 2005, won the Appeal Court action against Monsanto, who wanted to keep the data confidential. » (Ce travail qui a soutenu par Greenpeace-Allemagne qui, en Juin 2005, a remporté devant la Cour d'appel l'action contre Monsanto qui voulait garder que les données confidentielles)[7]

Coopérations avec Sevene Pharma

Séralini a publié des études sur l'utilisation de préparations de plantes pour une « désintoxication » des personnes, y-compris sur des utilisations de granules homéopathique préparées par l'entreprise pharmaceutique Seven Pharma. Sevene Pharma préconise des méthodes pseudo-scientifiques pour la culture des plantes : Ainsi des "vibrations" de la terre donneraient l'« énergie » nécessaire à la croissance des plantes. Des membres de la secte chrétienne affirmaient aussi avoir éteint à Marbella (Espagne) un feu seulement par des prières. Les études de Séralini étaient financées par Sevene Pharma, les co-auteurs de ses études étaient des employés de Sevene Pharma, dont Cécile DECROIX-Laporte, directrice générale de Sevene Pharma (30170 Monoblet). A plusieurs condérences organisées par Sevene Pharma, Séralini est intervenu en tant que conférencier (deux fois en 2011 et deux fois en 2012) pour rendre compte des développements des médications de l'entreprise. Sur les pages Web de la société, sont recommandés des livres de Séralini. Sevene Pharma propose un remède de désintoxication (ou de dépollution) pour les personnes qui auraient été intoxiquées par le pesticide Roundup et d'autres herbicides. Le produit Dig-1 (des extraits végétaux de pissenlit, de grande bardane et d'épine-vinette ordinaire) a été évalué dans une étude de Séralini.

Étude controversée sur le maïs génétiquement modifié

Photo de l'étude-Séralini de 2012 qui montre des rats-Sprague-Dawley malades qui ont tendance à former spontanément des tumeurs (Photo [2])

En septembre 2012, Séralini a publié dans la revue Food and Chemical Toxicology, une étude faisant état d'effets tumorigènes et toxiques du maïs génétiquement modifié NK 603 (Monsanto) et de l'herbicide Roundup sur des rats nourris pendant deux ans avec ce dernier[8]. Dans l'étude, Séralini et ses collègues ont découvert que chez les rats qui étaient nourris, pendant leur durée de vie (2 ans), avec du maïs génétiquement modifié (NK603 et « Roundup ») au lieu d'un maïs conventionnel, le risque de cancer était augmenté de façon significative et que les animaux mourraient plus tôt. Citation de Séralini:

« [...] Chez les femelles, les groupes traités mouraient 2-3 fois plus fréquemment que les (groupes) contrôles, et ils mouraient plus rapidement. Cette différence était visible dans 3 groupes de mâles qui étaient nourris avec des OGM [...] les femelles développaient de grosses tumeurs mammaires presque toujours plus fréquentes et plus en plus grosses que les contrôles [...] les mâles présentaient quatre fois plus de grosses tumeurs palpables que les contrôles, elles apparaissaient jusqu'à 600 jours plus tôt. »

L'étude fut fortement critiquée par d'autres chercheurs en raison des risques d'erreur et des méthodes statistiques utilisées. Séralini et ses collègues avaient choisi une souche de rats qui est connue pour développer spontanément très rapidement des tumeurs cancéreuses - surtout en cas de suralimentation, de vieillissement ou de troubles de l'équilibre hormonal. Il n'a pas été publié quelle quantité de nourriture les rats ont exactement reçu. A aussi été critiqué l'art et la manière dont les auteurs informaient au préalable des journalistes sur l'étude. Ainsi des journalistes ont dû signer avant la publication de l'étude un Non Disclosure Agreement (un accord de non-divulgation):

« Un remboursement du coût de l'étude de plusieurs millions d'euros serait considéré comme des dommages et intérêts si la divulgation prématurée remettait en cause la publication de l'étude. » Dans le Nouvel observateur, on apprend que jusqu’en 2011, les chercheurs pendant la durée de l'étude ont crypté leurs courriels et se sont interdit toute discussion téléphonique par crainte des multinationales de la semence.

Simultanément à l'étude faisant sensation (également en Allemagne avec des articles dans des journaux, dont le Spiegel, des discussions sur des blogs scientifiques etc.), Séralini a aussi publié un livre sur le même thème ayant pour titre « Tous Cobayes ? », livre appuyé par un documentaire associé, ce qui a causé l'étonnement et de l'indignation de l'ensemble de la communauté scientifique puisque les ventes du livre tiraient profit des discussions publiques concomitantes sur l'étude et que d'autre part l’orchestration de la notoriété d’un scientifique ou d’une équipe constitue une faute grave lorsqu’elle concourt à répandre auprès du grand public des peurs ne reposant sur aucune conclusion établie. [...] Ne disposant pas des informations suffisantes, il en résulte chez le consommateur un renforcement de la peur des OGM, propagée par une presse « catastrophiste ».[9]

En octobre de la même année (2012) les autorités européennes de sécurité des aliments (EFSA) ont conclu que l'article de Séralini ne répondait pas aux exigences scientifiques pour pouvoir être prise en considération pour l'évaluation des risques[10]. Précédemment, la Commission Européenne avait demandé à l'EFSA d'examiner les résultats de l'étude. Les communications émanant d'autres autorités sanitaires telles que l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) et l'HBC (Haut Conseil des Biotechnologies) en France, le Bundesinstituts für Risikobewertung (BfR) (Institut fédéral pour l'évaluation du risque) (Allemagne), l'« Environnement Canada », les autorités australiennes et néo-zélandaises, sont également conformes aux conclusions de l'EFSA.

En Novembre 2013, l'étude fut retirée par l'éditeur de la revue « Journal Food and Chemical Toxicology »[11][12]. Séralini a émis la théorie du complot que cela pourrait avoir été fait à l'instigation de Monsanto[13].

En Juin 2014 Séralini a republié l'étude, cette fois dans la revue Open-Source-Journal Environmental Sciences Europe (ESEU), édition Springer.[14] La nouvelle version contient une analyse légèrement différente des données expérimentales, mais vient à la même conclusion.[15] L'étude à été envoyé à l'avance aux journalistes sous condition d'un blackout de nouvelles jusqu'au 24 Juin 2014, la date de publication au ESEU.[16] Le travail a été publié par ESEU sans ré-examen par les pairs. Selon Henner Hollert, le rédacteur en chef de ESEU, il a été plutôt vérifié pour voir que le contenu est le même que dans la publication originale.[17] Néanmoins Séralini avait allégué que l'examen par les pairs a eu lieu.[18][19]

Oeuvres de Séralini

  • L'Évolution de la matière, de la naissance de l'Univers à l'ADN. éditions Pocket, collection «Explora», 1994.
  • Le sursis de l'espèce humaine. Belfond, 1997, Josette Lyon, 2009.
  • OGM : le vrai débat. Flammarion, 2000.
  • Ces OGM qui changent le monde. Flammarion, 2003.
  • Après nous le déluge? Flammarion, 2006.
  • Nous pouvons nous dépolluer. 2009.
  • Génétiquement incorrect. Flammarion, 2011.
  • Tous cobayes! Flammarion, 2012.

Liens externes

Article de Psiram dans d'autres langues

Références

  1. http://blog.sevenepharma.com/
  2. Dr Joël Spiroux de Vendomois, President of CRIIGEN, Doctor of Medecine, Homeopathy and Acupuncture Diploma, Reparation of Legal Bodily Damage and Medical Expertise Diploma, F-27000 Evreux, France. DIPLOMAS: Agricultural Worker Certificate, Doctorate of Medecine, Diploma of Reparation of Bodily Damage, International Certificate in Human Ecology (Faculty of Medecine of Paris)
  3. Invitation à la Vie. 26, rue des Peupliers, F-92100 Boulogne Tél: 01 46 08 23 64
  4. Sevene Pharma. 26, Rue des Peupliers, F-92100 Boulogne-Billancourt
  5. http://kfolta.blogspot.de/2013/01/seralinis-connections-to-quack-science.html (anglais)
  6. http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/17/accusations-de-liens-entre-m-seralini-et-une-secte-guerisseuse_1818564_3244.html
  7. http://www.scilogs.de/wblogs/blog/detritus/molekularbiologie/2011-04-05/gerichtsurteile-und-die-unabh-ngigkeit-von-gentech-studien (allemand)
  8. Séralini GE, Clair E, Mesnage R, Gress S, Defarge N, Malatesta M, Hennequin D, de Vendômois JS.: Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize. Food Chem Toxicol. 2012 Nov;50(11):4221-31. doi: 10.1016/j.fct.2012.08.005. Epub 2012 Sep 19 - PMID: 22999595
  9. http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1945
  10. http://www.efsa.europa.eu/fr/search/doc/2910.pdf STATEMENT OF EFSA Review of the Séralini et al. (2012) publication on a 2-year rodent feeding study with glyphosate formulations and GM maize NK603 as published online on 19 September 2012 in Food and Chemical Toxicology (anglais)
  11. Elsevier Announces Article Retraction from Journal Food and Chemical Toxicology - Elsevier Announces Article Retraction from Journal Food and Chemical Toxicology Cambridge MA, November 28, 2013]
  12. Barbara Cassus: Study linking GM maize to rat tumours is retracted nature, 28. November 2013
  13. OGM : l'étude polémique du professeur Séralini désavouée LE MONDE, 29. November 2013
  14. Gilles-Eric Séralini, Emilie Clair, Robin Mesnage, Steeve Gress, Nicolas Defarge, Manuela Malatesta, Didier Hennequin et Joël Spiroux de Vendômois: Republished study: long-term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize. Environmental Sciences Europe 2014, 26:14 [1]
  15. Retracted Seralini GMO-rat study republished. Rectraction Watch, 24. Juni 2014
  16. Seralini republishes retracted GMO-rats paper, again with an unusual embargo. Embargo Watch, 24. Juni 2014
  17. Paper claiming GM link with tumours republished. Nature.com, 24./25. Juni 2014
  18. Seralini Study Republished: GMOs and Roundup Cause Serious Health Issues. Food Integrity Now, 26. Juni 2014 Gegenüber diesem Gentechnik-kritischen Blog habe Séralini geäußert: "This study has now been successful in three rounds of rigorous peer review."
  19. Republished Seralini GMO-rat study was not peer-reviewed, says editor. Rectraction Watch, 26. Juni 2014