Documentation Médecine Nouvelle Germanique

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clinique Amis de Dirk à Katzenelnbogen

Documentation: Témoignages de trois anciennes collaboratrices en 1985 de Ryke Geerd Hamer dans sa clinique privée "Amici di Dirk" à Katzenelnbogen. Transcription d’une émission du 10.04.2007 de la radio privée Wüste Welle de Tübingen. Auteur: Silke Bauer

Présentation de la journaliste Silke Bauer

Les collaboratrices du Dr. Hamer racontent qu’à leur connaissance il n’y a pas eu de guérisons.

Description: Le sujet de cette émission est la Médecine Nouvelle Germanique. Durant cette émission, ni les opposants et ni les partisants ne sont présents, les deux camps sont fortement présents sur l’internet. Je fais une interview avec des anciennes collaboratrices du Dr. Hamer. Ce n’était pas facile de retrouver ces femmes, car elles se sont mariés entretemps et ont changé de nom. Les femmes étaient disposées à participer à l’interview car la thématique est toujours actuelle. Les anciennes collaboratrices racontent, de n’avoir noté aucun cas de guérison durant leur période de travail chez Hamer. Selon les témoignages, le docteur Hamer faisait transporter des patients mourants dans des cliniques de la région ou en France, pour faire croire qu’ils n’étaient pas décédés chez lui. Dans sa clinique, des patients morts furent encore „traités“ après leur mort, même après l’apparition de la rigidité cadavérique.

Transcription de la première interview Mme Gemmer par Silke Bauer

Hamer à Katzenelnbogen

B: Silke Bauer; G: Gemmer

B: Je commence maintenant avec Mme G, elle travaillait à l‘époque dans l’administration de la clinique, à Katzenelnbogen.

B: Mme G, je m’intéresse en premier lieu aux patients, qui se sont mis dans les mains du Dr. Hamer. Qui étaient ces personnes ?

G: C’étaient en fait des personnes qui avaient été jugées perdues par la médecine traditionnelle et qui considéraient que le Dr. Hamer était leur dernière chance. Ils venaient de France, il y avait quelques unes d’Italie et d’Allemagne.

B: Comment se fait-il qu’ il y avait autant de Français ?

G: Il y avait là un sponsor, je me rappelle, un comte français, qui était mêlé en quelque sorte à cette affaire pour des raisons d’argent. Et c’est comme-ca que le Dr. Hamer était connu aussi en France.

B: C’était monsieur D'Oncieu, je suppose. Car c’était lui qui a appuyé le dr. Hamer à l’époque. C’étaient donc des patients qui étaient considérés comme complètement perdus par la médecine officielle ?

G: C’étaient des patients souffrants de maladies mortelles. Il en a envoyé plusieurs à d’autres hôpitaux, quand il voyait clairement qu‘ils étaient en train de mourir, et ils sont morts là-bas ; tout ça pour sa clinique ne soit pas le lieu de leur mort. Mais il y avait un problème: à un certain moment les hôpitaux de Limburg Coblence ont refusé d’accepter des malades en train de mourir venants de sa clinique.

B: J’ai entendu que, en ce qui concerne les transports des cadavres, qu’on avait une habitude délicate.

G: Oui, oui, cela se passait soit le soir soit durant la nuit, pour ne pas faire voir de façon ostensible que la voiture des pompes funèbres venait souvent, pour ne pas montrer ça aux gens.

B: Combien de temps avait vous travaillé chez le Dr. Hamer?

G: Pas très longtemps, j’ai commencé le 1 aout [1985] et début décembre, après que la police judiciaire ait la perquisitionné et tout saisi, la clinique fut fermée.

B. Au début, vous avez été brièvement impressionnée par le Dr. Hamer quand il est arrivé dans votre ville. Es-ce que c’est exact?

G: C’est exact, quand j’ai fait connaissance avec cet homme et je me suis dit: „Oh oui, c’est un médecin tout à fait différent. Les médecins sont d’habitude des dieux en blanc. J’ai pensé: „il est humain“, mais après environ trois jours j’ai pensé „non, le Dr. Hamer, il est confus dans sa tête". Je ne pouvais plus approuver ça, cette chose.

B: Que voulez-vous dire avec ces mots?

G: J’étais plutôt la secrétaire, il m’a dicté des lettres, à l’administration régionale, au gouvernement régional, il était en guerre avec tous, et il avait un délire de persécution, il se sentait toujours persécuté par quelqu’un qui lui voulait du mal. C’étaient des lettres confuses – et je ne pouvais plus soutenir ça, et j’ai pensé tout de suite: „chez cet homme il y a quelque chose qui ne va pas“.

B: Mais vous êtes resté tout de même presque un demi an chez lui.

G: Oui, il y avait entre temps des patients et il fallait les soigner. C’étaient des pauvres gens, souvent très malades, et je me suis engagée personnellement qu’une infirmière a été engagée à demi-jour. Il n’y avait pas d’argent. Il n’y avait presque pas d’argent, c’était ça la chose grave. Il y avait une femme de ménage que j’ai engagée de l’ancien hôpital [avant, la clinique était un petit hôpital] et dans la cuisine il fallait des gens pour préparer les repas. On ne pouvait pas laisser les gens tous seuls, les pauvres gens.

B: Vous aviez déjà travaillé avant le Dr. Hamer à l’hôpital, et vous avez été de nouveau engagé comme secrétaire. Vous n’apparteniez donc pas au cercle proche du Dr, Hamer, si j’ai bien compris ce que vous m’avez raconté.

G: Non, non, auparavant je n’avais rien à faire avec le Dr. Hamer. J’avais été engagée par le petit hôpital d’avant, qui avait été fermé, et alors nous étions contents: "Ca continue ... un nouveau médecin arrive, il veut faire revivre l’hôpital et pour nous il y avait de nouveau du travail dans l’administration." Mais tout a évolué de façon tout à fait différente.

B: Maintenant j’ai encore une dernière question à vous poser, qu’est ce qui vous est particulièrement resté en mémoire, Mme G., de cette la période de travail avec le Dr. Hamer ?

G: Oui, je peux témoigner d’une chose, qui me restera pour toujours dans la mémoire. Il y avait une jeune malade de cancer chez nous, qui était accompagné par son frère. Et un jour, le Dr. Hamer est parti le matin avec sa voiture et il nous a pas dit où il voulait aller et quand il allait revenir et il n’a pas laissé de numéro de téléphone – rien. Et le frère, il est venu chez moi et il m’a dit que sa soeur avait de fortes douleurs, et il voulait savoir où était le Dr Hamer. Je lui ai dit „je ne peux pas le joindre, il nous a pas dit où il était.“ Et le frère est revenu deux, trois fois „ma soeur crie de douleurs!“ Et j’ai pensé: „je cherche un autre médecin, ça ne va pas comme ça“. Et alors j’ai appelé notre ancien médecin, qui avait été chirurgien à l’hôpital et qui travaillait alors dans un cabinet privé. Et il m’a dit: „j’arrive, mais je viens avec un collègue. Je n’entre pas tout seul dans cette clinique.“ Il est arrivé avec un autre médecin et ils ont donne à cette femme un médicament contre la douleur. Et après, les deux médecins ont dénoncé le Dr. Hamer à la police. C’est alors que les choses ont commencé à bouger. Plus tard, la police judiciaire a tout confisqué. C’est cette histoire qui a causé de la fermeture ultérieure.

B: Pourquoi le médecin ne voulait pas venir seul? Est ce que vous vous rappelez?

G: Oui, [à l’époque] c’était déjà une chose contestée. Il [Hamer] dit toujours „médecine scolastique“ [Schulmedizin, médecine conventionnelle]. Les médecins n’étaient pas d’accord avec la méthode du Dr. Hamer. De toute façon, le Dr. D. [incompréhensible]... ne voulait pas y aller seul, il voulait un témoin, un deuxième médecin.

B: Comment expliquez-vous qu’il [Hamer] fasse cette forme de médecine? Comment es-ce que vous vous expliquez ca?

G: Voici comment je me l’explique: il était totalement convaincu de sa méthode, de la nouvelle chance qu’il offrait aux malades de cancer – il était carrément obsédé par ça.

B: Merci beaucoup pour l’entretien.

deuxième interview de Silke Bauer avec Mme M.

Transcription de la deuxième interview de Silke Bauer avec Mme M.

B: ...Mme M., comment c’est-il arrivé [que vous ayez travaillé auprès du Dr. Hamer dans sa clinique "Amici di Dirk"]?

M: L’hôpital [l’ancien hôpital] avait été fermé le 31.12.1984, parce qu’un plan administratif [Krankenhauszielplan] avait décidé la suppression de cet hôpital. J’y ai été employée jusqu’au 30.06.1985 pour terminer le travail de fermeture. Et alors le Dr. Hamer s’est présenté pendant une assemblée de citoyens et a demandé qui voulait travailler pour lui. J’avais des charges familiales et alors je me suis présentée et j’ai dit que je voulais bien travailler pour lui.

B: Vous avez travaillé là comme secrétaire et vous veniez de l‘administration?

M: Exact, je viens de l’administration.

B: Comment, rétrospectivement, vous décririez-vous votre expérience, votre temps chez le Dr. Hamer?

M: Je décrirais ce temps comme une période chaotique et très éprouvante. Chaotique parce qu’il n’avait pas d’argent, parce que, par moments, nous n’avions pas assez d’argent pour fournir aux malades la nourriture quotidienne; c’est pour ces raisons qu’il était difficile de travailler là-bas. Il ne pouvait pas soigner convenablement les patients, parce que, par moments, il n’y avait pas de médicaments disponibles, même pas par exemple pour soigner la douleur. Je ne sais pas non plus comment il a soigner plus tard, et avec quoi il a soigné.

B: Avez-vous jamais vu qu’il ait guéri des gens avec sa méthode - car c’est ce qu’il dit?

M: Non, non. Durant ce temps je n’ai vu personne qui ait été guéri. Je sais juste que par la suite, avec la naturopathie et la chimiothérapie, des personnes ont été vraiment guéries de leur cancer et ont dit „J’ai vaincu mon cancer“. Mais rétrospectivement, durant cette période, je n’ai jamais vu quelqu’un qui ait fait le moindre petit progrès. Par moments, les gens avaient plus de joie de vivre, parce qu’il leur transmettait de la joie de vivre, et leur avait promis qu’en pensant positivement et qu’en croyant à sa méthode, ils guériraient. Mais je ne me rappelle d’aucune personne qui ait vraiment quitté la clinique vraiment guérie ou par exemple qui serait allée mieux après un certain temps.

B: Et il y a bien eu quelques décès durant ce temps. Vous avez donc travaillé un semestre là-bas?

M: C’était de aout jusqu’à décembre [1985], ce n’était même pas un semestre. C’étaient quatre à cinq mois. Cette „histoire“ n’a pas duré plus.

B: Que s’est-il passé après là-bas avec les morts, ou les mourants, donc juste avant leur décès?

M: Il m’est arrivé une chose vraiment horrible. Il [Hamer] était toujours à la recherche d‘argent. Et des amis en France, en cela aussi, l’ont beaucoup aidé. Et quand il n’y avait vraiment pas d‘argent, il prenait sa voiture et il partait simplement vers la France. Alors il laissait les malades et nous aussi tout seuls pendant des jours. Cela a parfois duré deux, trois jours avant qu’il ne revienne. Et j’ai vécu une expérience terrible, terrible, alors qu’il se préparait ou qu’il voulait aller justement en France, tôt le matin, et il m’a dit que je devais me soucier donc, s’il vous plait, d’une patiente française, ou bien [il m’a dit] que je devais m’en occuper . Et puis il est parti ; et deux heures ou une heure après … je me suis dit „ok, maintenant tu vas dans la division [le secteur de l’hôpital]“. Je me trouvais, comme il est normal, dans l’administration. Je suis allée dans cette chambre et me suis mise devant le lit, et je me suis dit: „bizarre, la femme ne respire plus“. Et elle n’a plus respiré non plus, et alors je l’ai touchée, et elle était déjà froide. Donc la rigidité cadavérique avait commencé depuis longtemps. Quand j’y pense maintenant, j’en ai encore des frissons dans le dos, et j’ai encore beaucoup de difficultés, aujourd’hui, parce que je me souviens de ça avec des pensés horribles. Si j’observe ça de son point de vue [de Hamer], il a agit de cette façon pour pouvoir avoir de la part de la famille le payement de ce jour, en tant que honoraires de jour de soins. Mais cette femme, elle était, à mon avis, déjà décédée auparavant, déjà dans la nuit d’avant, et il le savait, et il a décampé [c’est à dire qu’il a fuit].

B: Serait-il aussi imaginable, d’après vous, qu’il ne voulait pas l’admettre ?

M: Je le pense aussi. Il y a beaucoup de choses qu’il ne voulait pas admettre. Il était tellement absolu dans ses actes, il s’était vu tellement absolu, il était tellement despotique, il ne pouvait surtout pas admettre que sa méthode ne fonctionne pas. Il ne pouvait admettre ça, ni vis-à-vis de lui-même, ni aux yeux du monde.

B: Il affirmer aussi volontiers que très peu de gens meurent chez lui.. donc beaucoup moins qu’en médecine conventionnelle. Ma question est donc maintenant: ces morts, il ne les déclare pas...?

M: [elle interrompt la question] Oui, oui, Mme Bauer, mais il s’y est prit aussi parfois autrement. Quand il avait remarqué que les personnes étaient en train de mourir, alors il les faisait souvent transporter en vitesse dans un autre hôpital, un hôpital des alentours. Je sais qu’une fois une malade est morte durant le transport, et ces gens sont décédés après dans les hôpitaux en très très peu de temps. Et il n’a jamais admis une responsabilité propre ! Il n’a jamais dit: „les personnes étaient tellement malades, que les hôpitaux ne pouvaient non plus les sauver“. Il a toujours dit que les autres hôpitaux, ou les médecins... ou que les patients seraient venu trop tard chez lui. Il n’a jamais admis une culpabilité.

B: Les autres hôpitaux les ont-ils acceptés tellement tambour battant [sans protester]?

M: On savait déjà dans la région que le Dr. Hamer pratiquait, en tant que médecin cancérologue auto-proclamé, précisément dans sa clinique de Katzenelnbogen, ce qu’ on ne peut pas appeler pratiquer. On ne peut pas appeler ça pratiquer. Il n’a utilisé aucune méthode, il n’avait pas de médicaments non plus, ni de la catégorie de médecine naturelle, ni de celle de médecine classique, où il pouvait faire vraiment une thérapie et ou il pouvait vraiment aider. Les autres hôpitaux de la région le savaient, qu’il ...

B: Il y avait aussi beaucoup de français et de françaises parmi ses patients alors durant votre présence [dans cette clinique]. Ou est-ce qu’ils ont été transportés? Aussi dans les hôpitaux de la région?

M: Oui, en partie aussi... ou bien il les a fait transférer chez eux. Il les a fait emmener. Je ne sais pas ce qu’il a raconté alors aux membres de la famille et aux malades, je ne suis pas au courant, il parlait bien français et nous, nous ne parlions pas français.

B: Donc, il a fait renvoyer ces patients peu avant leur mort en ambulance vers la France...

M: Oui, ou bien, cette patiente dont je m’étais occupée, dont je devais m’occuper, elle est juste morte aussi. C’était aussi une affaire de manque d’argent C’est aussi par manque d’argent qu’il a fait ça. Pas pour s’enrichir, simplement pour... que tous puissent survivre.

B: Donc pas par cupidité, mais parce qu’il croyait à son idée?

M: Oui, oui. Il croyait à son idée et il fallait acheter tout ce qui était utile pour la survie. Il a acheté des poules, alors qu’il n’y avait pas assez d’argent pour la nourriture quotidienne.

B: Qu’est ce qu’il a fait avec les poules?

M: Ce devait être des poules de pure race, et les oeufs des poules de pure race étaient importants pour le procédé de guérison dans un stade aussi avancé de cancer [disait-il]... Il a acheté une fois un canard, qu’il a laissé aller et venir dans la section des soins. Naturellement, les gens, les patients s’en sont amusés. Naturellement ceux-ci avaient pour un moment une joie de vivre. Et alors il a dit à tous: „Voyez, nos patients sont sur le bon chemin, et ils guériront. Ecoutez donc, Mme M., comment il rient.“ Naturellement ceux-ci s’étaient amusés, mais moi-même, cela ne m’avait pas amusée.

B: Les patients qui étaient chez vous, je ne sais pas si vous avez une vue d’ensemble, étaient-ils tous considérés comme perdus par la « médecine conventionnelle » ou est ce qu’il y avait là des gens qui avaient leur chance?

M: Il y avait aussi des gens qui avaient encore des chances. Je peux me rappeler d’une jeune femme française, même si je ne sais pas bien à quel stade elle en était. Mais elle était, quand elle est arrivée, pour moi [selon mon idée] – pour mes connaissances non médicales, relativement saine. Mais il disait – que c’était une toute jeune femme, que c’était une jeune fille – „Elle a le cancer.“ Et elle a aussi, durant les premiers 14 jours, quand elle était chez nous à Katzenelnbogen, gagné en joie de vie. Elle était ouverte, et ensuite il renvoyée chez elle en tant que patiente guérie. Et cette femme est ensuite revenue trois ou quatre semaines plus tard et elle était à nouveau un peu plus malade et était amaigrie. Et il a pratiqué çà ainsi deux fois. Et un jour on a dit que cette jeune femme était aussi morte. Quelle était la situation médicale, je ne peux pas vous le dire, je ne suis pas une patiente, je n’ai pas aucun proche qui soit mort dans cet hôpital et qu’il aurait soigné selon sa méthode. Je peux seulement le décrire seulement du point de vue d’une employée d’administration. Mais, c’était chaotique. Je ne me mettrais jamais, moi-même ou ma famille, dans ses mains.

B: Quand on voit sa homepage et ses présentations: aviez-vous l’impression qu’il se disputait très volontiers et beaucoup, ou qu’il se sentait particulièrement persécuté?

M: Naturellement... je crois que c’est ça son problème, il se sent persécuté. Et précisément, que la mort de son fils... Et ce que précisément à l’époque il disait aussi toujours: que sa femme a combattu le cancer par *la mort de son fils et [qu’elle] n’a pas cru en sa méthode - et est aussi morte à cause de ça [pour cette raison]. Et il était en bagarre avec tous. Il s’est seul approuvé lui-même et il n’a pas admis la fermeture [forcée de la clinique] et a continué à „pratiquer“. Nous sommes devenus tout à coup une entreprise privée, car selon le gouvernement régional nous n’étions plus un hôpital habilité. Alors il a dit: „ok, dans ce cas, je suis un hôtel“. Il était en bagarre avec tous. Il n’y avait pas la possibilité de discuter de quoi que ce soit avec lui, même pas à propos d’une question administrative.

B: Une question m’intéressait encore: à partir de quand avez-vous remarqué que quelque chose n’allait pas chez lui. Vous aviez commencé à travailler là, parce que vous aviez aussi auparavant travaillé dans cet hôpital comme employée administrative. Et à partir de quand cela vous a-t-il semblé anormal [louche]?

M: C’était en principe une période très courte. En rétrospective, cette période m’est apparue très, très longue. Si maintenant j’y réfléchis, je n’arrive pas à croire que c’étaient seulement cinq mois, parce que c’était une période énervante/crispante et chaotique... et je souhaiterais rétrospectivement n’avoir jamais vu ça. Nous l’avons remarqué très vite... Après quatre, six semaines c’était, à vrai dire, clair pour nous: „c’est chaotique et rien ne peut aller avec le Dr. Hamer.“ Même si nous ne pouvions pas suivre ceci du point de vue médical et communiquer avec lui parce que nous n’avions pas de connaissances médicales. Je suis employée administrative et je n’ai aucune formation en médecine. Tous ceux qui ont travaillé avec lui – et le gouvernement régional – ils ont démissionné, d’une manière ou d’une autre.

B: Merci beaucoup pour la conversation, Mme M.

M: Avec plaisir.

Interview 3 avec Mme F.

Mme F. à l’époque, n’était pas encore infirmière diplomée, et travaillait néanmoins, à cause du manque de personnel, comme soignante chez Hamer. [Avec Hamer elle était la seule personne dans la clinique avec un minimum de connaissances médicales]

B: ...Vous m’avez dit lors de l’entretien, qu’au début vous étiez impressionnée de façon positive par le Dr. Hamer.

F: Oui.

B: Quelle impression le Dr. Hamer avait-il fait sur vous au début?

F: Il irradiait de bonté, d’amour pour les hommes, d’une façon telle qu’on pouvait vraiment croire qu’il aimait tous ses patients. Cela faisait une bonne impression. Il réussissait vraiment à se présenter de sorte qu’on ressente toute de suite de la sympathie pour lui.

B: Plus tard, vous étiez décontenancée. Comment c’est arrivé?

F: Oui, après avoir travaillé quelque nuits là-bas, j’étais quand quelque peu choquée, parce qu’il ne tenait pas ce qu’il avait ainsi promis au début.

B: Qu‘avait-il avait promit au début?

F: Ah oui, qu’il guérissait tous les malades, qui étaient maintenant venu chez lui. La plupart d’eux en étaient au stade final, et on était content qu’il voulût aborder ça maintenant d’une autre façon que celle de la médecine classique. On a pensé enfin quelqu’un qui voit ça autrement, et je crois que, nous tous, nous avons pensé qu’il réussirait.

B: Y a-t-il eu des patients qui ont guéri durant cette époque?

F: Donc durant la période où j’ai travaillé là-bas, non. Je n’ai jamais remarqué que quelqu’un soit retourné chez lui ou reparti en France, étant considéré comme guéri.

B: Avez-vous remarqué (s’être aperçu de) aussi, qu’il ne se soit pas non plus occupé de ses patients ?

F: Oui, le soir, quand, une fois, je suis entrée voir un tel puis un tel, ils m’ont dit: « Oh !, n’est-il vraiment pas possible que quelqu’un nous examine? Je n’ai vu encore personne de toute la semaine. » En dehors, bien sûr, du service de jour qui leur a apporté à manger ou autre [petits services]. Mais le service médical s’était apparemment volatilisé là en quelque sorte. Ils étaient toujours un peu choqués que le médecin ne vienne pas régulièrement voir les patients une ou deux fois par jour comme dans les autres cliniques.

B: Vous avez parlé, lors de l’entretien préliminaire, d’un cas particulier, où une patiente avait un trou dans la cuisse et une plaie ouverte à la jambe, et que ça n’avait pas été soigné. Qu’en était-il ?

F: Oui, j’ai examiné par hasard la femme, parce que j’avais entendu de tels gémissements, et je me suis dit: „qu’est-ce qui se passe là derrière cette porte“, et là, je suis allée voir, puis je me suis assise à coté d’elle, et je lui ai demandé ce qu’elle avait, quel problème, ex-cetera, ex-cetera. Et alors elle m’a dit: „Oui, le Dr. Hamer, ma tumeur cancéreuse, il veut...“. Donc, c’était un cancer qu’il voulait guérir. Alors j’ai demandé: „pourquoi pleurez vous donc, qu’est-ce que vous avez comme douleur? Alors, elle a rejeté la couverture du lit et j’ai vu qu’elle avait un trou de la grosseur d’un poing dans la cuisse, où on pouvait voir jusqu’à l’os. Et ce n’était pas traité. J’ai dit: ‚pourquoi n’y fait-on rien ?“ „Ah oui, il m’a laissé ici une poudre pour les blessures, et en cas de douleur je dois en verser un peu dans le trou“. J’ai pensé: „Je n’ai jamais vu une chose pareille!“

B: Avez-vous vu d’autres cas semblables? Où vous diriez donc que c’est un peu extrême ce qui se passe avec les patients?

F: Oui, ce qui m’a surtout frappé, c’était avec la jeune fille. Je suppose que c’était un cancer des os qu’elle avait, et elle avait des douleurs de chien... certains jours, elle se tapait vraiment la tête contre les murs, de douleur pendant la nuit. Et quand alors je lui (Hamer] ai dit: „nous devons absolument donner quelque chose à la jeune fille, Mr. docteur, ce n’est pas normal“, alors il a dit: „Pour l’amour du ciel, nous ne devons absolument pas lui donner de médicaments contre la douleur, cela modifierait tellement l‘hémogramme [la formule hématologique] que ça empêcherait la guérison.“ Oui, alors j’y ai cru aussi, à ce moment là, ignorante que j’étais ; j’ai pensé que c’était lui qui savait. B: A l’époque vous n’aviez aucune formation spéciale, on vous a simplement demandé de veiller sur les gens quelques nuits. F: Oui, j’étais employée spécialement pour une certaine française. Elle avait un cancer du sein et il fallait changer les bandages deux à trois fois la nuit. Sinon, je ne devais pas m’occuper des autres, cela ne me regardait pas, puisque je n’étais engagé par lui [Hamer], mais par le français, le mari de cette femme. Mais malgré tout, quand on est seule dans la maison toute la nuit, on regarde par-ci par-là, surtout quand quelqu’un pleure en tout cas, ou gémis, alors tu penses: „ tu dois pourtant bien aller voir là-dedans“ – et alors...

B: Mais vous êtes quand-même resté plus longtemps, parce que, si j’ai bien compris, on cherchait une infirmière.

F: Tout à fait exact. Il était dit: "simplement de façon transitoire, jusqu’à ce qu’une infirmière arrive", qui me remplacerait et qui ferait le service de nuit. Mais durant les six semaines où j’étais là, aucune infirmière n’est venue, et alors j’ai dû continuer ainsi à m’occuper de tous les services de nuit.

B: Savez-vous qui a financé Mr. Hamer?

F: Non, je ne le sais pas de façon précise. Des rumeurs disaient qu‘il n’aurait pas d’argent. Le comte, c’est comme ça qu’on l’appelait, de France, serait celui qui soutiendrait financièrement le tout, et qu’il aurait de l’argent, ex-cetera, ex-cetera. Mais je ne peux rien dire de précis à ce propos. Comment l’affaire se passait sur le plan financier, je ne le sais pas.

B: Donc Mr. le Dr. Hamer, s’est occupé aussi d’une fille avec un cancer des os? Nous avions déjà parlé de ce cas auparavant, et peut-être vous pouvez le décrire encore une fois.

F: Oui, donc j’ai bataillé quand cela allait vraiment très mal pour elle et que nous avons pensé : „Mon dieu, la pauvre fille, on doit pourtant l’aider“... et que je lui ai dit : „Monsieur le docteur, qu’est-ce que je peux donc faire?" Et il a répondu: ah, maintenant vous n’avez pas besoin de vous en occuper, je vais dormir aujourd’hui auprès d’elle cette nuit, et ça la calme et elle se sent alors mieux et protégée. Et cetera, et cetera, et je me rappelle d’avoir pensé: "Ca c’est une drôle de méthode, qu’un médecin dorme auprès d’un patient pour le calmer et lui donner une impression de protection." Jamais encore entendu ça, c’était quand même un peu mystérieux. Et ça seulement chez la jeune fille, chez les autres patients il ne l’a pas fait, qu’il ait aussi, quand ils ont pleuré ainsi de douleur la nuit, qu’il ait aussi … là je dois aussi me coucher donc en plus pour donner un peu de réconfort ou de sécurité. B: Il a aussi donné, de votre temps, aux patients donc absolument aucun médicament ?

F: Non.

B: Donc en cas de cancer des os, ou contre les douleurs … il n’a rien donné ?

F: Non. Je n’étais pas autorisé à faire ça, c’était défendu. Ce qui s’était passé avant... j’avais commencé seulement en octobre... Il devait y avoir eu des médicaments, parce que j’ai entendu plus tard „la pharmacie ne lui donne plus rien". Donc, la pharmacie devait lui avoir procuré quelque chose auparavant.

B: Vous m’avez raconté, que pendant les services de nuit vous avez remarqué qu’il s’occupait beaucoup des TDM [Tomodensitométrie].

F: Oui, il m’a appelé une fois chez lui en bas, parce que je commençais doucement à mettre en doute sa théorie. Et alors il m’a dit: „je vous montre ça, je vous explique, pour que vous voyez comment tout cela [le cancer] apparait.“ Je suis descendue dans son cabinet et tout autour les murs étaient couvertes de TDM cérébrales. Et il m’a expliqué: „ça c’est Mme un tel, et ça Mr un tel. Regardez le crâne ici: là se trouve ce point, ce foyer qui a déclenché ça à cause de problèmes psychiques“. Les états de choc dans lesquels ils se trouvaient à l'époque, et qui ont provoqué le cancer plus tard. Et c’était nouveau pour moi, je ne l’avais jamais vu ou entendu avant, si bien que je pensais: „c’est peut-être possible“. Si on n’en a jamais entendu ou vu auparavant, alors tu penses... surtout en tant que profane – car j’étais profane à cette époque. Si j’avais eu déjà terminé ma formation ma formation d’infirmière, alors j’aurais pu lui poser une question ou une autre, ou faire quelque chose. Mais en tant que profane vous êtes... un peu innocent dans toute cette affaire.

[interruption]

F: ..il a apparemment oublié tout ca, car avant il avait pratiqué comme médecin conventionnel. Mais ça c’était le passé, et seul ce qu’il s’était mis dans la tête était la vérité.

B: Donc, il était absolument convaincu de son idée?

F: Absolument. Sans doute aucun, il n’a pas douté de sa méthode pour une seule seconde. Et il n’a accepté aucune objection de l’extérieur. Si quelqu’un essayait de lui dire: „Dr. Hamer, ne croyez vous pas que ceci ou cela serait le vrai chemin.“ „Non, non, pour l’amour du ciel!“ Seulement une allusion „il faudrait donner quelque chose à la fille contre les douleurs...“ „Pour l’amour du ciel!“

B: Plus tard, vous avez travaillé avec d’autres médecins, étaient-ils aussi absolus?

F: Non.

B: Alors, c’était extraordinaire?

F: C’était extraordinaire.

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