Modifications

100 octets ajoutés ,  1 juin 2025 à 18:25
Ligne 8 : Ligne 8 :  
Résumé de l'article de Paul G Auwaerter et de ses collègues: <br>Le plaidoyer pour la [[maladie de Lyme]] est devenue un élément de plus en plus important d'un mouvement antiscientifique qui nie à la fois la cause virale du SIDA et les avantages des vaccins et qui soutient des traitements médicaux alternatifs non éprouvés (parfois dangereux). Certains activistes présentent la maladie de Lyme, une infection transmise par les tiques limitée géographiquement, comme une maladie insidieuse, omniprésente, difficile à diagnostiquer et presque incurable ; ils proposent également que la maladie provoque principalement des symptômes non spécifiques qui ne peuvent être traités que par des antibiotiques à long terme et d'autres traitements non orthodoxes et non validés. À l'instar d'autres groupes antiscientifiques, ces défenseurs ont créé une sélection pseudo-scientifique et alternative de praticiens, de recherches et de publications et ont coordonné des manifestations publiques, accusé les opposants de corruption et de conspiration et encouragé les efforts législatifs visant à subvertir la médecine fondée sur des preuves et la science évaluée par des pairs. Les relations et les actions de certains activistes, praticiens médicaux et organismes commerciaux impliqués dans la défense de la maladie de Lyme constituent une menace pour la santé publique.
 
Résumé de l'article de Paul G Auwaerter et de ses collègues: <br>Le plaidoyer pour la [[maladie de Lyme]] est devenue un élément de plus en plus important d'un mouvement antiscientifique qui nie à la fois la cause virale du SIDA et les avantages des vaccins et qui soutient des traitements médicaux alternatifs non éprouvés (parfois dangereux). Certains activistes présentent la maladie de Lyme, une infection transmise par les tiques limitée géographiquement, comme une maladie insidieuse, omniprésente, difficile à diagnostiquer et presque incurable ; ils proposent également que la maladie provoque principalement des symptômes non spécifiques qui ne peuvent être traités que par des antibiotiques à long terme et d'autres traitements non orthodoxes et non validés. À l'instar d'autres groupes antiscientifiques, ces défenseurs ont créé une sélection pseudo-scientifique et alternative de praticiens, de recherches et de publications et ont coordonné des manifestations publiques, accusé les opposants de corruption et de conspiration et encouragé les efforts législatifs visant à subvertir la médecine fondée sur des preuves et la science évaluée par des pairs. Les relations et les actions de certains activistes, praticiens médicaux et organismes commerciaux impliqués dans la défense de la maladie de Lyme constituent une menace pour la santé publique.
   −
En fait la polémique sur la maladie de Lyme avait débuté au milieu des années 1990 aux USA, [Allen] Steere avait vu la maladie de Lyme gagner en popularité, mais il craignait que la maladie de Lyme ne soit devenue un diagnostic non spécifique couvrant des maladies allant du syndrome de fatigue chronique (SFC), de la fibromyalgie à l'hypocondrie. Steere s'inquiétait du fait que de nombreuses personnes sans signe de maladie de Lyme passée ou présente recevant des traitements antibiotiques, en particulier des traitements au-delà du protocole de traitement recommandé de quatre semaines, « faisaient plus de mal que de bien ».
+
En fait la polémique sur la [[Maladie de Lyme|maladie de Lyme]] avait débuté au milieu des années 1990 aux USA, [Allen] Steere avait vu la maladie de Lyme gagner en popularité, mais il craignait que la maladie de Lyme ne soit devenue un diagnostic non spécifique couvrant des maladies allant du syndrome de fatigue chronique (SFC), de la fibromyalgie à l'hypocondrie. Steere s'inquiétait du fait que de nombreuses personnes sans signe de maladie de Lyme passée ou présente recevant des traitements antibiotiques, en particulier des traitements au-delà du protocole de traitement recommandé de quatre semaines, « faisaient plus de mal que de bien ».
   −
Écrivant dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) en 1993, Steere et ses collègues ont déclaré que la maladie de Lyme était devenue « surdiagnostiquée » et surtraitée. Cette déclaration est devenue un point de ralliement pour ce que les groupes de défense appellent la controverse sur la maladie de Lyme. Face à certains éléments de l’opinion médicale dominante, certains médecins et groupes de défense des patients affirment que la maladie de Lyme peut évoluer vers une maladie chronique nécessitant de fortes doses d’antibiotiques sur de longues périodes. Cependant, au-delà de la question de la terminologie, certains avis médicaux dominants vont jusqu'à affirmer que certains cas de maladie de Lyme peuvent devenir « difficiles à traiter » s'ils ne sont pas diagnostiqués rapidement.
+
Écrivant dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) en 1993, Steere et ses collègues ont déclaré que la [[Maladie de Lyme|maladie de Lyme]] était devenue « surdiagnostiquée » et surtraitée. Cette déclaration est devenue un point de ralliement pour ce que les groupes de défense appellent la controverse sur la maladie de Lyme. Face à certains éléments de l’opinion médicale dominante, certains médecins et groupes de défense des patients affirment que la [[Maladie de Lyme|maladie de Lyme]] peut évoluer vers une maladie chronique nécessitant de fortes doses d’antibiotiques sur de longues périodes. Cependant, au-delà de la question de la terminologie, certains avis médicaux dominants vont jusqu'à affirmer que certains cas de maladie de Lyme peuvent devenir « difficiles à traiter » s'ils ne sont pas diagnostiqués rapidement.
    
Bien que le terme « Lyme chronique » ait été autrefois utilisé par Steere et d'autres pour définir les complications persistantes consécutives à la maladie de Lyme aiguë, diverses organisations de défense de la maladie de Lyme et un groupe de médecins dissidents appelé [[ILADS|International Lyme and Associated Diseases Society (ILADS)]] ont redéfini le terme pour décrire un large éventail de symptômes, principalement chez les patients qui ne présentent aucun signe de maladie de Lyme. Steere et ses collègues ont déclaré que même les patients présentant une sérologie positive pour l'infection à Borrelia et présentant des symptômes ressemblant à ceux du SFC ou de la fibromyalgie ne seraient pas aidés par d'autres antibiotiques.
 
Bien que le terme « Lyme chronique » ait été autrefois utilisé par Steere et d'autres pour définir les complications persistantes consécutives à la maladie de Lyme aiguë, diverses organisations de défense de la maladie de Lyme et un groupe de médecins dissidents appelé [[ILADS|International Lyme and Associated Diseases Society (ILADS)]] ont redéfini le terme pour décrire un large éventail de symptômes, principalement chez les patients qui ne présentent aucun signe de maladie de Lyme. Steere et ses collègues ont déclaré que même les patients présentant une sérologie positive pour l'infection à Borrelia et présentant des symptômes ressemblant à ceux du SFC ou de la fibromyalgie ne seraient pas aidés par d'autres antibiotiques.
   −
L'importance de Steere et son soutien à l'opinion médicale selon laquelle les patients atteints de « [[maladie de Lyme chronique]] » n'ont souvent aucun signe réel de la maladie de Lyme et ne sont pas aidés par de longues cures d'antibiotiques, l'ont conduit à être ciblé, harcelé et menacé de mort par les patients et des groupes de défense irrités par son refus de valider leur conviction selon laquelle ils souffrent de la [[maladie de Lyme chronique]]. [...]<ref>https://en.wikipedia.org/wiki/Allen_Steere</ref><br>
+
L'importance de Steere et son soutien à l'opinion médicale selon laquelle les patients atteints de « [[maladie de Lyme chronique]] » n'ont souvent aucun signe réel de la [[Maladie de Lyme|maladie de Lyme]] et ne sont pas aidés par de longues cures d'antibiotiques, l'ont conduit à être ciblé, harcelé et menacé de mort par les patients et des groupes de défense irrités par son refus de valider leur conviction selon laquelle ils souffrent de la [[maladie de Lyme chronique]]. [...]<ref>https://en.wikipedia.org/wiki/Allen_Steere</ref><br>
      Ligne 114 : Ligne 114 :       −
==Participation de Christian Perronne à des événements à l'étanger==
+
==Participation de Christian Perronne à des événements à l'étranger==
 
===La conférence Norvect en Norvège en 2014<ref>https://norvect.no/norvect-conference-program/</ref>===
 
===La conférence Norvect en Norvège en 2014<ref>https://norvect.no/norvect-conference-program/</ref>===
 
Programme du lundi 26 mai 2014:  
 
Programme du lundi 26 mai 2014:  
Ligne 202 : Ligne 202 :  
L’[[ILADS]] a ainsi constitué un véritable réseau de ''Lyme literate medical doctors'' (LLMDs) qui sont présentés comme spécialistes de la maladie. Une structure spécifique de l’association, l’ILADEF (4), organise un cursus de formation réservé à ses membres. Très peu d’informations sont disponibles quant à son contenu (mis à part la référence aux recommandations alternatives de l’[[ILADS]]). Pour trouver un "Lyme doctor", l’[[ILADS]] propose de remplir un formulaire en ligne. (5) La plupart des dirigeants de l’[[ILADS]] ont ouvert leur propre consultation spécifique, ou même, pour certains, fondé une clinique spécialisée où ils mettent en œuvre les "guidelines" alternatives promues par l’association qu’ils dirigent, mais exploitent aussi l’idée propagée par cette association selon laquelle bon nombre de patients en errance médicale seraient en fait atteints de [[maladie de Lyme chronique]] non reconnue et que seuls certains médecins sauraient la diagnostiquer correctement et mettre en œuvre un traitement (forcément long).
 
L’[[ILADS]] a ainsi constitué un véritable réseau de ''Lyme literate medical doctors'' (LLMDs) qui sont présentés comme spécialistes de la maladie. Une structure spécifique de l’association, l’ILADEF (4), organise un cursus de formation réservé à ses membres. Très peu d’informations sont disponibles quant à son contenu (mis à part la référence aux recommandations alternatives de l’[[ILADS]]). Pour trouver un "Lyme doctor", l’[[ILADS]] propose de remplir un formulaire en ligne. (5) La plupart des dirigeants de l’[[ILADS]] ont ouvert leur propre consultation spécifique, ou même, pour certains, fondé une clinique spécialisée où ils mettent en œuvre les "guidelines" alternatives promues par l’association qu’ils dirigent, mais exploitent aussi l’idée propagée par cette association selon laquelle bon nombre de patients en errance médicale seraient en fait atteints de [[maladie de Lyme chronique]] non reconnue et que seuls certains médecins sauraient la diagnostiquer correctement et mettre en œuvre un traitement (forcément long).
   −
'''Condamnations pour mauvaises conduites professionnelles : un ancien président concerné'''<br>Le Dr [[Daniel Cameron]] est membre du comité de direction de l’[[ILADS]] et en a été le président de 2009 à 2011. Il est le premier auteur des recommandations de l’association publiées en 2004. Il dirige un cabinet médical dans la région de New York (Dr. Daniel Cameron & Associates) spécialisé dans la maladie de Lyme qui accueille des malades et dispense des formations à des confrères selon les lignes directrices de l’[[ILADS]]. (6) [[Daniel Cameron]] a été traduit en 2016 devant une instance disciplinaire de l’État de New York (''Office of Professional Medical Conduct– OPMC'') pour de graves défaillances dans la prise en charge de sept patients. (7) Pour six des sept cas, le [[Daniel Cameron|Dr Cameron]] est accusé de traiter les malades « ''de façon inappropriée avec un régime croissant d’antibiotiques, sans examens physiques appropriés, sans réévaluation clinique et sans considérer la remise en cause du diagnostic ou la possibilité de traitements différents'' ». Pour quatre d’entre eux, il est accusé de n’avoir pas su identifier en temps voulu de possibles effets indésirables de la thérapie en cours. Pour l’un d’entre eux, il est accusé de n’avoir pas suivi un diagnostic précédent et des symptômes suggérant une sclérose en plaques et, pour un autre, de n’avoir pas su « ''évaluer correctement et en temps opportun un patient qui souffrait de la maladie de Parkinson'' »…
+
'''Condamnations pour mauvaises conduites professionnelles : un ancien président concerné'''<br>Le Dr [[Daniel Cameron]] est membre du comité de direction de l’[[ILADS]] et en a été le président de 2009 à 2011. Il est le premier auteur des recommandations de l’association publiées en 2004. Il dirige un cabinet médical dans la région de New York (Dr. Daniel Cameron & Associates) spécialisé dans la [[maladie de Lyme]] qui accueille des malades et dispense des formations à des confrères selon les lignes directrices de l’[[ILADS]]. (6) [[Daniel Cameron]] a été traduit en 2016 devant une instance disciplinaire de l’État de New York (''Office of Professional Medical Conduct– OPMC'') pour de graves défaillances dans la prise en charge de sept patients. (7) Pour six des sept cas, le [[Daniel Cameron|Dr Cameron]] est accusé de traiter les malades « ''de façon inappropriée avec un régime croissant d’antibiotiques, sans examens physiques appropriés, sans réévaluation clinique et sans considérer la remise en cause du diagnostic ou la possibilité de traitements différents'' ». Pour quatre d’entre eux, il est accusé de n’avoir pas su identifier en temps voulu de possibles effets indésirables de la thérapie en cours. Pour l’un d’entre eux, il est accusé de n’avoir pas suivi un diagnostic précédent et des symptômes suggérant une sclérose en plaques et, pour un autre, de n’avoir pas su « ''évaluer correctement et en temps opportun un patient qui souffrait de la maladie de Parkinson'' »…
    
L’accusation ne fait finalement qu’exprimer ce qu’est le credo de l’[[ILADS]] qui cherche à tout prix à regrouper sous le terme de "[[maladie de Lyme chronique]]" un ensemble de symptômes très disparates et qui appelle les patients à « ''se méfier des avis médicaux qui avanceraient d’autres causes à leur pathologie (sclérose en plaques, fibromyalgie, fatigue chronique ou anxiété)'' ». (8)
 
L’accusation ne fait finalement qu’exprimer ce qu’est le credo de l’[[ILADS]] qui cherche à tout prix à regrouper sous le terme de "[[maladie de Lyme chronique]]" un ensemble de symptômes très disparates et qui appelle les patients à « ''se méfier des avis médicaux qui avanceraient d’autres causes à leur pathologie (sclérose en plaques, fibromyalgie, fatigue chronique ou anxiété)'' ». (8)
Ligne 225 : Ligne 225 :  
'''Le président de l’[[ILADS]] et les traitements hyperbares'''
 
'''Le président de l’[[ILADS]] et les traitements hyperbares'''
   −
Le Dr Samuel Schor est, en 2017, le président en exercice de l’[[ILADS]]. Il est également président et fondateur d’une clinique spécialisée dans les traitements hyperbares où la maladie de Lyme figure en première place dans la liste des pathologies pour lesquelles la clinique offre ses services. (12) La médecine hyperbare est une modalité thérapeutique d’administration d’oxygène par voie respiratoire à une pression supérieure à la pression atmosphérique. Parmi les principales indications retenues par les agences sanitaires, on compte les intoxications au monoxyde de carbone ou les accidents de décompression sous-marine. (13) D’autres indications sont également reconnues, mais la maladie de Lyme ne figure jamais comme pouvant bénéficier d’un traitement hyperbare. Le Haut conseil de la santé publique ne mentionne pas cette méthode dans les 86 pages de son rapport consacré à la maladie de Lyme. (14) La Haute autorité de santé ne retient pas non plus la maladie de Lyme dans la liste de ses indications pour une thérapie hyperbare. (15) Les CDC américains (''Centers for disease control and prevention'') mettent le traitement hyperbare contre la maladie de Lyme au même niveau de réserve (à savoir, « ''sans preuve d’efficacité'' ») que « ''les antibiothérapies longues – mois ou années –, les injections intraveineuses de peroxyde d’hydrogène, les traitements par des champs électromagnétiques, les compléments d’ail, l’argent colloïdal, la transplantation de cellules souches…'' ». (16)
+
Le Dr Samuel Schor est, en 2017, le président en exercice de l’[[ILADS]]. Il est également président et fondateur d’une clinique spécialisée dans les traitements hyperbares où la maladie de Lyme figure en première place dans la liste des pathologies pour lesquelles la clinique offre ses services. (12) La médecine hyperbare est une modalité thérapeutique d’administration d’oxygène par voie respiratoire à une pression supérieure à la pression atmosphérique. Parmi les principales indications retenues par les agences sanitaires, on compte les intoxications au monoxyde de carbone ou les accidents de décompression sous-marine. (13) D’autres indications sont également reconnues, mais la [[maladie de Lyme]] ne figure jamais comme pouvant bénéficier d’un traitement hyperbare. Le Haut conseil de la santé publique ne mentionne pas cette méthode dans les 86 pages de son rapport consacré à la [[maladie de Lyme]]. (14) La Haute autorité de santé ne retient pas non plus la [[maladie de Lyme]] dans la liste de ses indications pour une thérapie hyperbare. (15) Les CDC américains (''Centers for disease control and prevention'') mettent le traitement hyperbare contre la [[maladie de Lyme]] au même niveau de réserve (à savoir, « ''sans preuve d’efficacité'' ») que « ''les antibiothérapies longues – mois ou années –, les injections intraveineuses de peroxyde d’hydrogène, les traitements par des champs électromagnétiques, les compléments d’ail, l’argent colloïdal, la transplantation de cellules souches…'' ». (16)
   −
[Psiram.com: suivaient les références de l'article de Jean-Paul Krivine. En 2023, l'article et les références qui l'accompagnaient ne sont plus accesssibles.]
+
[Psiram.com: suivaient les références de l'article de Jean-Paul Krivine. En 2023, l'article et les références qui l'accompagnaient ne sont plus accessibles.]
    
=='''Analyse d’un de ses discours au Luxembourg - 2022'''==
 
=='''Analyse d’un de ses discours au Luxembourg - 2022'''==
68

modifications